Alors que Gabriel s’accordait une franche rasade de Mac Ewan’s afin d’humecter son gosier asséché, la tête de Riquet huppé du luthier maison apparut dans l’encadrement de la porte.

« Navré de te déranger, Vern, mais il y a dans la boutique un raseur de première qui insiste pour te parler, annonça-t-il en clignant nerveusement des paupières derrière sa paire de hublots.

— Dis-lui que je suis occupé. Que j’en ai encore pour un bon moment. Qu’il m’est impossible de le recevoir aujourd’hui. Et si ça ne suffit pas, envoie-le donc au diable.

— Vu sa dégaine, cela lui ferait sûrement plaisir… Il prétend que c’est urgent, et important.

— Désolé, je n’ai mal nulle part.

— Je ne me vois pas lui répondre ça, Vern. Il a précisé qu’il est venu pour Black Light.

— Tu ne pouvais pas commencer par là, Andy ? réagit Gabriel en jaillissant de son fauteuil. »

Il s’excusa auprès de Serena, la pria d’attendre patiemment son retour. Il ignorait si cela était aussi « urgent et important » qu’annoncé, mais il ne pouvait négliger la venue de quelqu’un souhaitant lui parler de la guitare d’Adrian. Surtout en ce moment.

Gabriel se força tant bien que mal à quitter la pièce d’un pas mesuré, et se contint pour ne pas dévaler l’escalier. Il ralentit encore l’allure avant de pénétrer dans le magasin. Il ne voulait pas donner à son visiteur l’impression de céder à la précipitation.

Il repéra d’autant mieux le gaillard que celui-ci était le seul client présent dans le magasin. Un individu filiforme, aux longs cheveux fuligineux, revêtu d’un ample manteau de cuir de la même couleur, ce qui lui donnait l’allure d’un évadé d’Underworld. Il était en train d’examiner avec un intérêt soutenu une Jackson noire issue de l’arsenal d’Anthrax quand, entendant Gabriel arriver, il se retourna avec une raideur douloureuse. C’était un gaillard au visage émacié, affligé d’une silhouette décharnée qui faisait peine à voir. On l’aurait dit rongé par un mal sans pitié. Il portait sur la poitrine une impressionnante panoplie de crucifix variés, peut-être pour conjurer son triste sort. Un attirail qui aurait ravi Baby Death Finnegan…

L’homme posa sur le Nashville Duke un regard d’un bleu fatigué et grimaça un sourire qui tenait davantage du soulagement que du contentement. Gabriel eut l’impression d’avoir devant lui une version gothique de Don Quichotte. Il ne lui manquait qu’une Rossinante de l’apocalypse et des moulins hargneux avec lesquels se colleter.

« Bonjour, monsieur Gabriel, le salua son visiteur d’une voix grêle, bizarrement étouffée, comme s’il fût atteint d’angine chronique. J’ignore si vous me connaissez : je suis Robbie Rabbleholme, le guitariste de Ravenhead. »

Tête de corbeau… Voilà qui lui seyait à merveille. Presque autant que son populacier patronyme.

« Désolé de vous décevoir, s’excusa Gabriel, mais je n’ai jamais entendu parler de votre groupe. Toute la faute m’en revient, bien sûr…

— Nous avons pourtant déjà enregistré trois albums, sembla s’étonner son interlocuteur. »

Gabriel estima à part lui que c’était davantage une circonstance aggravante qu’un reproche recevable.

« Je suis d’autant plus impardonnable, mentit-il. Mais, voyez-vous, il m’arrive de regarder pendant une heure MTV Rocks et de tout ignorer des groupes programmés. Il n’y a pas qu’Internet qui soit responsable de la crise du disque. »

La pique ne parut pas atteindre son client.

« Que me vaut le plaisir de votre visite, monsieur Rabbleholme ? s’enquit Gabriel sans pouvoir se retenir de rouler fortement le R. Vous avez, m’a-t-on dit, à me parler d’un sujet pressant.

— En effet, déglutit l’autre tout en lissant les mèches pendantes de sa tignasse. Voyez-vous, j’ai une prédilection pour les guitares noires. Je ne joue que sur des instruments de cette couleur, et j’essaie de les collectionner, dans la mesure de mes moyens.

— Quelque chose me disait que vous ne pratiquez pas le country rock… ricana le Camden Cow-boy.

— Ma musique est un peu plus vinaigrée, j’avoue. Je possède quelques spécimens qui vous intéresseraient. Une Washburn Starfire qui a appartenu à Paul Stanley. Une Gibson SG Ebony sur laquelle a joué Tony Iommi. Une Jackson Randy Rhoads PCS RI dont s’est servi Kirk Hammett.

— Kiss, Black Sabbath, Metallica, vous êtes du genre à ne valser qu’en godillots, dirait-on.

— Et à ne respirer qu’en cuirasse, vous avez raison. Aussi, quand j’ai vu sur Internet que vous proposiez la Black Light d’Adrian Di Sante…

— Je vous arrête tout de suite : je l’ai déjà vendue.

— Je sais. J’ai vu qu’elle a été retirée de votre site. C’est justement pour cela que je suis venu. J’aurais aimé le faire plus tôt, mais j’étais en tournée en Europe avec Ravenhead.

— Je vois. Vous souhaitez la racheter à celui qui je l’ai cédée.

— Surtout pas ! frémit Rabbleholme, en roulant de gros yeux effarouchés. Au contraire.

— Excusez-moi, mais je ne vous suis pas, là, s’étonna le marchand de guitares.

— En fait, j’ai déjà eu cette guitare en ma possession. Je l’ai achetée, il y a deux ans de ça. Je ne la connais que trop bien. Je désirerais en fait entrer en contact avec son propriétaire actuel, juste pour le mettre en garde.

— Désolé de vous décevoir, l’interrompit Gabriel, mais je m’oblige à une confidentialité absolue dans mes transactions. Je ne puis vous donner les coordonnées de mon client. N’insistez pas, je resterai muet… comme une tombe, ajouta-t-il en s’offrant le menu plaisir d’une private joke. D’ailleurs, je peux vous assurer que son détenteur, tel que je le connais, ne risque pas de renoncer à elle, quoi que vous lui appreniez à son sujet. Vous espériez l’avertir, dites-vous ? Mais de quoi ? »

Faire jaillir le feu par le seul pouvoir de ses riffs

Rabbleholme poussa un soupir à recevoir l’extrême-onction. Avec une gêne aussi sensible dans la voix que dans les gestes, il confia alors à Vernon Gabriel le plus insolite des récits, une de ces singulières histoires de guitare que le tenancier de l’Angel Music Shop aimait tant offrir à ses clients en guise de paquet-cadeau.

Deux ans plus tôt, le soliste de Ravenhead avait acquis Black Light dans un magasin de Denmark Street, chez l’un des anciens voisins et concurrents de Gabriel. Sa passion des sombres guitares l’avait instantanément attiré vers la légendaire Washburn Mercury. Il ne tarda pas à remarquer que l’instrument présentait quelques déroutantes anomalies dès qu’on le branchait. Lorsque Rabbleholme posait les doigts sur son manche, il ressentait d’infimes picotements, parfois même de véritables décharges comme on en reçoit quelquefois en effleurant une portière de voiture ou une carcasse de caddie. Cette vitalité électrostatique était telle que les frets paraissaient grésiller sous les doigts.

Gabriel se garda de sourire, courtoisie oblige, mais s’attendit à ce que son échalas aille bientôt jusqu’à affirmer que l’instrument produisait des étincelles au toucher. Ce ne serait pas la première fois qu’il entendrait un d’Artagnan du heavy se vanter de faire jaillir le feu par le seul pouvoir de ses riffs. Ace Frehley avait même opéré le miracle pour de bon, bien avant Rammstein, lorsqu’il sévissait dans Kiss.

Rabbleholme donna bien sûr l’instrument à réviser, mais l’on ne décela rien d’anormal dans ses circuits. Le fait est qu’il finit par s’habituer à ce contact électrique, et qu’il y trouva même une forme de jouissance masochiste. Qu’il fallût souffrir un peu pour dompter cet instrument mythique donnait à son usage une dimension symbolique plutôt grisante. Sa nouvelle maîtresse lui paraissait d’autant plus désirable qu’elle se montrait rétive.

Épuisante également. Jamais un instrument n’avait exigé de lui tant d’efforts. C’était une réelle épreuve physique que d’en jouer, au point qu’il se trouvait vidé au bout d’une heure de pratique. Quand il la déposait, il était aussi exsangue qu’après une nuit d’amour avec la Bathory.

Robbie le Rabble avait parfois l’impression que la guitare osait lui résister, comme si elle se rebellait d’avoir dû changer de maître. Il se doutait qu’il ne serait pas aisé de prendre la succession de Di Sante, mais il n’imaginait pas que ce fût à ce point.

Il aurait évidemment pu abandonner un instrument aussi ingrat, le remiser avec les autres joyaux noirs de sa collection. Mais voilà, cet engin présentait des dispositions exceptionnelles pour le tapping. Rabbleholme se lança alors dans d’interminables considérations techniques, décrivant à Gabriel sa pratique, vantant sa science du hammer-on et du pull-off. Il était à l’entendre un des dieux vivants du tapotis sur manche. Une leçon qui accabla le commerçant de Charlton Place, vite lassé de tant de rodomontades.

Quand Rabbleholme, intarissable, en vint à vouer mille louanges à Eddie Van Halen, qu’il soit à jamais remercié d’avoir fait cette trouvaille, le Nashville Duke ne rata pas l’occasion de moucher son corbeau. Il y avait là un abus historique qu’il se devait de rectifier. Lui administrant en retour son petit couplet savant, il apprit au guitariste de Ravenhead que l’idée de taper directement les notes sur le manche, de cinq doigts ou de dix, en exploitant la réceptivité des micros, était venue en premier à Jimmie Webster, quelque vingt-cinq ans avant Christ Eddie, en 1952 ! Pas avare de sa science, Gabriel lui cloua définitivement le bec en lui révélant qu’en 1956 avait été fabriquée la première guitare électrique à double manche, baptisée Duo Lectar, dont on jouait uniquement en tapping, une main sur chaque manche. Inutile dans ce cas d’aller en attribuer les mérites à Jimmy Page.

Il s’ensuivit un bon moment de silence : monsieur Corbeau venait de tâter du croc de son renard.

Quand il eut enfin surmonté son embarras, Robbie Rabbleholme reprit l’évocation de son étrange relation musicale avec Black Light. Ne revenant pas sur ses tourments d’artiste à l’ouvrage, il passa à un incident d’une autre nature. Une nuit, il fut tiré du sommeil par une sorte de sifflement continu qui perçait l’air de sa maison. Ce son d’une stridence étouffée provenait du sous-sol, là où il avait établi son studio personnel. Il se laissa guider par cette fréquence inaccoutumée. Quand il ouvrit la porte de sa salle de répétition, il n’eut pas besoin d’allumer : une insolite lumière argentée, de faible intensité, éclairait la pièce. Rabbleholme ne tarda pas à repérer la source de cette radiation : c’était Black Light, accrochée à son râtelier, qui scintillait ainsi. De ses incrustations de nacre émanait une lueur d’un gris métallique, portée par le chuintement perçu plus tôt.

Gabriel en resta stupéfait. Voilà que son Quichotte des ombres lui servait un remake de la vision que lui-même avait connue lors des obsèques de Di Sante, lorsqu’il avait imaginé la Clef se mettant à étinceler dans la nuit du tombeau. Troublante coïncidence.

Le phénomène relaté par Robbie Rabbleholme se prolongea plusieurs minutes. Il ne s’arrêta pas lorsque le guitariste se saisit de l’instrument pour constater, non sans terreur, la réalité de cette luminescence soudaine. Puis, peu à peu, l’illumination décrut, le sifflement perdit en intensité, Black Light en revint à son black-out habituel.

Cet inexplicable prodige se reproduisit, sans la moindre régularité. La guitare pouvait demeurer inerte plusieurs nuits d’affilée, puis se manifester à nouveau de la façon la plus inopinée. Quelques minutes de miroitement, accompagnées par la même stridence insistante, avant un retour progressif à sa matité silencieuse. Rabbleholme crut bel et bien son instrument hanté.

Ce qui ne lui déplut pas, d’ailleurs. Lui qui pratiquait un hard rock chargé de satanisme s’estima heureux de posséder une arme aussi appropriée. S’il parvenait à en maîtriser la puissance surnaturelle, il allait nimber ses riffs d’une aura inégalée, de quoi reléguer aux oubliettes le dark metal le plus macabre.

Cette guitare est aussi magnifique que nuisible

Le guitariste de Ravenhead se garda cependant d’informer ses comparses des particularités de sa nouvelle acquisition. Si les membres de son groupe se réclamaient de Lucifer par des slogans furieux, ils n’étaient pas hommes à faire de cette défroque leur chair. Si le respect du look exclut la sincérité, personne ne l’assume au prix de sa sécurité… Rabbleholme s’appliqua donc à user de Black Light en secret. Tandis qu’il peinait à la domestiquer, s’y meurtrissant les phalanges, sa santé commença à décliner sans qu’il s’en aperçût réellement. Il vivait dans un état de constant harassement, perdait kilo sur kilo. Sa maigreur nouvelle finit par inquiéter ses proches, qui surent suffisamment lui faire partager leur appréhension pour qu’il accepte de consulter un médecin.

Le diagnostic s’avéra aussi préoccupant que surprenant. Perte excessive de poids, dérèglement thyroïdien, faiblesse rénale et hépatique, le malade manifestait tous les symptômes de l’irradiation. À croire qu’il avait plaqué ses derniers accords sur le sarcophage de Tchernobyl ou sur la plage de Fukushima. Toutefois, fait inexplicable, cette contamination apparente se passait de radionucléides. On eut beau soumettre son corps à tous les détecteurs possibles : il n’y avait en lui aucune trace d’exposition au plutonium, à l’uranium, au césium ou à toute autre forme de rongeur d’homme. Il avait la pâleur de l’irradié, la maigreur de l’irradié, mais il n’était pas irradié. On était en train de lui rejouer la pub Canada Dry, version nucléaire.

Sans en souffler mot à quiconque, Rabbleholme porta naturellement ses soupçons sur cette fichue guitare noire. Il la fit examiner au compteur Geiger, inspecter aux rayons X, sans résultat. Elle n’était pas le moins du monde radioactive. Cependant, la radioscopie révéla qu’elle possédait dans la masse même de son corps, au sein du bois, des insertions de métal de formes aussi variées qu’alambiquées, à l’image des arabesques qui l’ornaient en surface. On concevait mal comment un luthier, même très habile, aurait pu les y placer. Les poussées de luminescence nocturne provenaient-elles de ces greffons inattendus, tout comme les sifflements ou les manifestations électrostatiques ?

Ne parvenant pas à apaiser ses craintes par une explication scientifique acceptable, Rabbleholme en vint à se figurer que la Washburn absorbait carrément l’énergie vitale de celui qui en jouait, puis, lorsqu’elle avait atteint un certain niveau de saturation, elle se purgeait en relâchant le trop-plein dans l’air, sous forme d’ondes lumineuses et sonores. Une guitare vampire, en quelque sorte.

« Vous ne me croyez pas, bien sûr, vous me prenez pour un sinoque, n’est-ce pas ? Je le vois à votre petit sourire en coin, monsieur Gabriel. Mais croyez-moi, cette guitare est aussi magnifique que nuisible. C’est pourquoi je m’en suis débarrassé. Je tenais au peu de carcasse qui me restait. Vous comprenez donc qu’il me faut absolument prévenir son nouveau propriétaire des dangers qu’elle présente. Je doute que, même par souci de confidentialité, vous souhaitiez vous charger d’une commission pareille, non ?

— C’est pourtant ce que je vais faire, annonça Gabriel, à la grande surprise de son interlocuteur efflanqué. Non pas que j’accepte une seconde votre histoire de guitare goulue et d’irradiation fantôme. Je crois qu’il y a une explication moins surnaturelle aux phénomènes que vous m’avez décrits. À mon avis, cet instrument souffre d’un vice dans son système électrique, un défaut subtil que vos experts n’ont pas détecté. Pour vous donner un exemple, je sais que certains artisans soucieux d’améliorer les performances des micros sont allés y placer des barrettes d’iridium ionisé. Je soupçonne quelque chose de ce genre dans le cas de Black Light. Je vais donc essayer d’en avertir mon client, si je parviens à le contacter dans le coin reculé d’Australie où il se trouve. Tranquillisez-vous, monsieur Rabbleholme, je ferai en sorte qu’il ne lui arrive rien de fâcheux. Si vous n’avez rien de plus à m’apprendre, je vais vous laisser car j’ai moi aussi des tâches urgentes et importantes qui m’attendent. »

Le soliste de Ravenhead parut satisfait de cette obligeance inespérée. Il jeta un dernier regard envieux sur la Jackson noire d’Anthrax, puis se retira, avec la démarche infiniment pesante d’un président démissionnaire.

Gabriel regagna l’étage. Il trouva Serena absorbée dans la lecture d’un des carnets de Guarneri. L’atmosphère de la pièce était saturée de son indescriptible parfum d’Orient, au point qu’il eut l’impression de sentir confisqué son espace vital. Mademoiselle était comme chez elle. Repoussant cette curieuse sensation de désappropriation, le Nashville Duke s’empressa de relater la singulière visite qu’il venait de recevoir.

« Vous pensez réellement que des micros trafiqués auraient de pareils effets ? demanda la jeune femme, assez sceptique, quand il eut terminé.

— Pas le moins du monde. Je lui ai servi cette fable pour me débarrasser de lui. Et l’expédier au bout du monde à la recherche du prétendu possesseur de Black Light. Et sachez qu’avant de monter vous rejoindre, je me suis livré à quelques vérifications sur Internet. Il n’existe pas de groupe nommé Ravenhead, ni d’albums à lui attribuer, ni de virtuose électrique du nom improbable de Robert Rabbleholme. Bel effort de pseudonyme, reconnaissons-le, plus proche de Muddy Waters que de Ringo Starr. Le bonhomme s’est d’ailleurs significativement abstenu de me fournir ses coordonnées : il a affirmé qu’il préférait repasser au magasin. La seule partie vraisemblable de ses allégations n’était donc que pur mensonge. Je vous laisse juger du reste… En fait, cet énergumène – plus qu’imaginatif, il faut l’admettre – n’avait qu’un but en venant me servir ses fariboles radioactives : j’ignore pourquoi, mais il tient absolument à savoir qui possède Key à l’heure qu’il est. Il se pourrait donc que notre gaillard soit plus ou moins lié aux mystères qui nous occupent. Mais nous verrons ça plus tard. Revenons à notre épopée crémonaise, si vous le voulez bien. Il est temps de retrouver notre Antonio au soir du carnaval. Les choses vont prendre un tour de plus en plus tragique, comme vous allez le constater. »

Dans l’épisode suivant

L’impunité dont ont joui jusqu’à présent les criminels involontaires du Cénacle peut-elle durer longtemps ? Non, évidemment. Quelqu’un se prépare dans l’ombre à les châtier d’avoir franchi les frontières de l’admissible. Il vous faudra patienter jusqu’au dix-neuvième épisode pour apprendre de quelle déconcertante façon. Le roman-feuilleton est par essence un genre agaçant, surtout quand il vous laisse en plan avec seulement le titre du chapitre suivant : Requiem.

Laissez-nous vos impressions


− sept = 0

Partagez sur les réseaux sociaux

Ce qu’il convient de savoir…

À l’orée du XIXe siècle, à Crémone, un cénacle de jeunes musiciens idéalistes, regroupé autour d’Antonio Guarneri, a reconstitué un arpège attribué à Orphée. La preuve est faite que celui-ci engendre le double maléfique de qui l’entend. L’histoire aurait inspiré Adrian Di Sante, leader de Dark Theatre, avant que son groupe ne se dissolve et que ses comparses et lui-même ne décèdent l’un après l’autre.

Pour en savoir plus

- le hammer-on
- le pull-off

Petit lexique à l’usage des anglicistes timides

- rabble : la populace
- tapping : tapotement
- Muddy Waters : eaux boueuses, pseudonyme du bluesman Mac Kinley Morganfield.
- Ringo Starr : pour ring (anneau) et star (étoile), pseudonyme de Richard Starkey, batteur des Beatles, grand amateur de bagues et de blagues.