Le cottage d’Howard se nichait au cœur des coteaux boisés du Berkshire, quelque part entre Wokingham et Reading. C’était une construction de brique brune, dépourvue d’étage, tapie au bas de son bosquet comme un chien familier au pied d’un baronet. Le premier voisin ne devait pas se rencontrer à moins d’un mile, un isolement qui convenait parfaitement au plan qu’avait échafaudé Vernon Gabriel.

Ce n’était pas la première fois que celui-ci séjournait dans la maison de campagne d’Howie. Howard Woodford appartenait à la frange la plus fortunée et la plus réputée des clients de l’Angel Music Shop. Ce guitariste hors pair, couronné de succès dès le premier album de son groupe, honorait Gabriel de visites régulières, d’achats raisonnés et d’amitiés sincères. Meilleur instrumentiste que conjoint, Howard avait connu trois divorces successifs, ce qui l’obligeait à poursuivre sa carrière en dépit d’un âge avancé, ce afin de s’acquitter de pensions alimentaires plus que salées.

Il n’était pas le seul dans le milieu rock à s’acharner à la tâche pour une si prosaïque raison. Gabriel ne comptait plus les artistes contraints d’enchaîner concerts d’adieu et tournées de come-back pour éponger leur passif conjugal. Dans l’espoir de diminuer un peu la note, Woodford avait abandonné à l’une de ses ex-compagnes la libre jouissance du cottage du Berkshire. Celle-ci ayant préféré s’établir chez le nouvel homme de sa vie, le logement demeurait inoccupé toute l’année, ce qui permettait à Howie d’en faire profiter les amis. Gabriel avait donc déjà passé plus d’un week-end dans ce coin perdu de campagne, à déguster le charme particulier de cette singulière construction.

Coldmole cottage présentait sur un seul niveau une succession de pièces exiguës reliées les unes aux autres par des amorces de couloirs et de courtes volées de marches qui en faisaient une sorte de dédale réduit. Les dimensions restreintes des pièces et le plan fantasque de cette architecture sans rigueur conféraient à la demeure un charme indéniable, une forme d’intimité tarabiscotée. Cette maison donnait l’impression de se replier sur elle-même, pour le plus grand bien-être de qui désirait s’y blottir. Le peu d’espace vital que ménageaient ses murailles resserrées ne permettait de loger ici que des meubles minuscules, si bien qu’on avait la sensation de vivre dans une maison de poupée. On s’imaginait vite qu’un curieux venu vous lorgner au carreau clignerait à la fenêtre d’un œil de géant.

Depuis que Gabriel était venu s’installer dans la doll house d’Howie, il y avait de cela une semaine, une pluie aussi fine que froide s’entêtait à détremper le bocage. Après janvier glacé s’annonçait février mouillé. Suivant à la lettre les instructions de son musicologue préféré, Serena lui avait déjà rendu trois fois visite. Une assiduité suffisante pour faire jaser, s’il y avait eu pour cela dans les parages assez de commères aux aguets. Ce qui n’était vraiment pas le cas, exceptées quelques chouettes insomniaques, mal rencognées dans leur tronc creux.

Depuis la nuit difficile passée sur le vieux canapé en peau de buffle de miss Di Sante, Gabriel supposait que celui qui le traquait était désormais pleinement convaincu du feu de leur idylle. La jeune femme avait joué son rôle à la perfection, se prêtant de bonne grâce, mais non sans malices ni persiflages, à la simulation de leur liaison. Le Camden cow-boy n’aurait su dire si elle participait aussi complaisamment à la manœuvre parce que la sauvegarde du marchand de guitares lui tenait à cœur, ou parce qu’elle était consciente que son tour viendrait dès qu’on en aurait fini avec lui et qu’il lui fallait œuvrer à sa propre sécurité.

Son projet de contre-attaque, encore flou lorsqu’il s’était rendu chez elle pour la première fois, s’était rapidement précisé au cours de la soirée passée entre les murs de livres de la librairie souterraine. Il avait suffisamment inquiété Serena sur les sombres perspectives de leurs avenirs respectifs pour qu’elle ne prît pas comme un jeu ce qu’il avait à lui proposer. Aussi ne tarda-t-elle pas à adhérer à ce qu’il avait nommé une stratégie en millefeuille.

Le millefeuille dans toute sa perfection

Elle avait bien sûr émis l’objection qu’il attendait : n’était-il pas plus simple de s’en remettre à la police ? Gabriel renâclait à la pensée de revoir Mahindana, et d’avouer qu’il lui avait caché tant de choses… Ils pouvaient cependant s’adresser à un autre service que le sien. Mais de quelles preuves disposaient-ils pour justifier leurs craintes ? Serena se voyait-elle déballer devant des fonctionnaires goguenards des histoires d’arpège maléfique, de lyre ensorcelée, de crimes musicaux en série ? On leur demanderait naturellement de repasser quand ils disposeraient d’arguments plus sérieux. Si on ne leur riait pas carrément au nez.

Il leur fallait se débrouiller par eux-mêmes, c’était évident. La première étape de la riposte conçue par Gabriel consistait à accréditer auprès de leur prédateur l’existence entre eux d’une liaison. C’était la raison pour laquelle il était venu à Chelsea le plus ostensiblement qui soit. Il convenait, pour le même motif, qu’il passât alors la nuit chez elle. En tout bien tout honneur, évidemment. Il s’était hâté de dissiper l’équivoque. Ce qui n’était guère difficile à la suite des aveux sur Tracy qu’il venait de lui faire.

L’idée lui vint cependant que cette parodie d’idylle pourrait fâcher celui qui, supposait-il, partageait la vie de Serena.

« Si cela ne doit pas froisser votre prince charmant… » avait-il donc précisé, par souci d’éviter tout embarras supplémentaire dans une situation déjà assez encombrée comme cela.

« Au contraire, avait gloussé Serena. Vous n’imaginez pas à quel point je me réjouis de déplaire à monsieur. »

Ce fut ainsi qu’il apprit que son hôtesse d’un soir avait rompu quelques semaines auparavant avec un galant peu soucieux d’exclusivité. Mademoiselle était encore plus libre qu’elle n’en avait l’air. Il eut même le sentiment – qu’il refoula au plus vite – que Serena lui reprochait sans le dire ses bonnes manières de gentleman.

Dans un deuxième temps, Gabriel allait disparaître, purement et simplement. Le Salty Dog étant désormais terrain connu pour son adversaire, il comptait se réfugier dans une maison de campagne dont l’isolement lui permettrait d’agir à sa guise. Le cottage d’Howie fournissait une planque toute désignée. Soudain privé de sa future victime, frustré de voir le Salty Dog déserté et de constater l’absence prolongée de Gabriel à la boutique, celui qui lui en voulait tant n’aurait d’autre solution pour le débusquer que de s’attacher aux pas de sa dame de cœur supposée. Serena, promue à la dignité d’appât, devrait donc régulièrement le rejoindre dans sa retraite du Berkshire afin d’y mener son pisteur. Il ne doutait pas qu’elle simulerait à merveille la prudence et multiplierait à dessein les précautions inutiles, histoire de ne pas éveiller la méfiance de leur homme. Seconde nappe du millefeuille.

Il faudrait dès lors recourir à un comparse pour étaler la couche suivante. Gabriel allait donc faire appel à ce brave Ally afin d’achever sa pièce montée.

Allister Williamson officiait pour l’heure comme roadie pour différents groupes britanniques au succès plus que précaire, car lié à la versatilité des médias qui les soutenaient. Durant les tournées qu’il suivait, il s’occupait avec amour des guitares de ces jeunes gens, témoignant aux instruments bien plus de respect qu’à ceux qui essayaient d’en jouer. Avant de transbahuter les amplis des rockers en vadrouille, Williamson avait été seconde ligne au club de rugby des London Wasps. C’était donc un bourdon de fort tonnage, doté d’une échine de sanglier, d’épaules de docker, d’une chevelure de viking et d’une vigueur équivalente. Ce qui ne l’empêchait pas d’être fin amateur de guitares vintage, et donc un client assidu de l’Angel Music Shop.

Gabriel et lui avaient sympathisé en causant Rickenbacker, Williamson ayant définitivement acquis la considération du Nashville Duke en affirmant qu’il avait refusé d’être embauché par Muse, compte tenu de la cadence effrénée avec laquelle le sieur Bellamy fracassait son matériel. Un type qui détenait le record du monde de guitares brisées en une tournée – Absolution Tour, 2004, cent quarante victimes… – ne pouvait que susciter leur désapprobation, aussi doué fût-il. L’ange d’Islington lui avait du coup accordé quelques rabais généreux, ce qui avait fait d’Ally son débiteur à vie. Gabriel ne se sentant pas de force à maîtriser son adversaire si les circonstances l’exigeaient, le recours à la forte pogne de Williamson s’imposait.

Par un hasard bienvenu, le roadie était au repos ces temps-ci, se remettant de sa dernière tournée en attendant la suivante. Il était donc disponible et Gabriel savait pouvoir compter sur son dévouement. Surtout s’il lui apprenait que le gaillard dont ils devaient s’occuper était soupçonné d’avoir mis un terme à l’existence d’un guitar hero majeur. S’en prendre à Adrian Di Sante ! Ally lui ferait vite regretter son crime de lèse-majesté.

Gabriel avait donc chargé Allister, ravi de sa demande, de s’attacher mieux qu’un dogue aux pas de mademoiselle Di Sante et de repérer celui qui ne manquerait pas de prendre celle-ci en filature. Le Nashville Duke attendait Serena à Coldmole Cottage, la susdite y entraînait leur suspect, qu’Ally tiendrait soigneusement à l’œil. Le millefeuille, dans toute sa perfection.

« Et une fois que vous aurez attiré notre homme au fin fond du Berkshire ? avait demandé la jeune femme, un peu sceptique tout de même.

— Je le neutraliserai…

— Tout de bon, avait ricané Serena en jetant un regard dubitatif sur ses épaules de crevette.

— Je dispose de quoi l’étourdir le temps qu’Ally vienne s’assurer de sa personne.

— Poudre de perlimpinpin ? Nuage de chloroforme ? Une rengaine de Bob Dylan peut-être ?

— Eh, vous n’êtes pas si loin. Un arpège de notre connaissance, aux vertus apaisantes bien connues. Cela devrait le calmer le temps que l’ami Allister vienne le ficeler comme un rôti de trois livres.

— Mais vous serez vous-même plongé sous le charme.

— Je sais comment l’éviter, ne vous inquiétez pas. Une fois notre mal intentionné camarade réduit à merci, je pense que Williamson saura le convaincre de nous exposer tout ce qu’il a à nous dire. Ally ferait entonner Amazing Grace au plus mal embouché des garçons bouchers. »

Ainsi fut fait. Il n’y avait plus qu’à attendre que la pluie cesse sur le Berkshire et que le traqueur devenu proie vienne se jeter dans leurs filets. Le second événement ne pouvant que précéder le premier…

Une semaine s’était donc écoulée depuis que Gabriel avait quitté boogie, boutique et house-boat pour se réfugier chez Howie. Dès la première visite de Serena au cottage, Williamson l’avait averti que la young lady – en Ally dans le texte – était effectivement suivie de plus près qu’une chaude-la-fesse par un vieux bouc – toujours en langage allien. La description du ci-devant fournie par l’ancien rugbyman, pourtant fleurie, n’avait guère inspiré le Nashville Duke. Un grand blond dégarni, le menton fendu d’une barbiche en lame de couteau, un gandin au pas léger mais au regard lourd, d’une jeunesse défraîchie quoique d’une prestance conservée. Pour qu’il s’en fasse une idée plus précise, Allister avait expédié peu après une photographie prise à la sauvette avec son smartphone. C’était pour Gabriel un inconnu au bataillon.

Les manières ordinaires d'un assassin en série

Certainement amusé de s’improviser détective, Ally avait alors déployé autant d’énergie que d’astuce. Ayant cessé de filer Serena, il colla aux basques de son client dès que celui-ci daigna lâcher la jeune femme à leur retour à Londres. Le gaillard, qui conduisait une BMW de location, le mena directement à l’Hilton de Park Lane, où il s’engouffra dans le parking souterrain. S’étant aussitôt rué dans le hall d’entrée, Williamson constata que son homme était bien client de l’hôtel. Voilà quelqu’un qui ne se cachait guère et menait même grand train. Rien qui entrât dans les manières ordinaires d’un assassin en série…

Afin de s’assurer de son identité, Allister usa d’un stratagème découvert dans un de ces polars dont il était friand. Au retour d’une seconde virée à Coldmole Cottage, le surlendemain, le comparse de Gabriel se présenta à la réception du palace, la crinière ramenée en queue-de-cheval, se fit passer pour un chauffeur de taxi, prétendit que le client qu’il venait de déposer avait oublié un paquet dans son cab et exhiba fièrement un sac Selfridges. Il dressa un rapide portrait du gentleman étourdi, ce qui permit à l’employé d’identifier celui-ci. Inventant une conversation téléphonique qu’il aurait surprise en conduisant, Ally épilogua ensuite sur le léger accent étranger de son client, puis sur son prénom, vaguement entendu, qui lui avait paru bizarre. Ce fut ainsi qu’il sut avoir affaire à un certain Marco De Ridder, citoyen néerlandais.

L’information illico transmise à Vernon Gabriel avait produit son petit effet. Ce dernier comprit sans peine qu’il était confronté au fameux Marco plus ou moins accusé par Pete Ward d’avoir monté les Dee Tees les uns contre les autres, ce Hollandais sournois à la barbiche effilée qui les avait accompagnés à Stockholm pour y représenter leur label et s’assurer de leur efficacité au travail. Le fichu blondin qui s’était mystérieusement volatilisé une fois la séparation consommée. Voilà qu’il refaisait surface quinze ans après. Tenace, le Batave.

Un acharné que Gabriel se préparait à recevoir dignement cette nuit même. Un coup de fil passé par Ally en début de soirée lui avait annoncé que De Ridder avait pris la route du Berkshire, cette fois sans sauter à la roue de Serena. Une fois assuré, vu l’heure tardive, que miss Di Sante ne projetait pas de se rendre au cottage, le Marco à poil blond avait abandonné sa planque près du basement flat de Chelsea. Nul doute que le Néerlandais allait profiter de l’occasion pour rendre une visite sans courtoisie au Nashville Duke. Williamson suivait la BMW à distance raisonnable, tenant Gabriel informé de leur progression, afin que ce dernier mette tout en place à temps pour la réception qu’il prévoyait. Allister devait le prévenir dès que De Ridder s’approcherait du cottage.

Le musicologue avait tout de suite téléphoné à Serena Di Sante pour l’avertir : ce serait pour ce soir, mieux valait pour elle se tenir loin du cottage, on ne savait pas comment tourneraient les événements, même si tout était prévu. Celle-ci manifesta soudain des doutes qu’elle n’avait guère exprimés tandis qu’elle s’ingéniait, la semaine durant, à hameçonner leur homme. Gabriel perçut une inquiétude inédite dans son phrasé hésitant. N’allaient-ils pas commettre une folie ? Il était toujours possible de prévenir la police. L’Écossais la tranquillisa tant bien que mal, insistant sur la présence rassurante d’Ally. Changement de rôle ce soir : c’était au tour de Gabriel de bénéficier d’un ange gardien, un sacré volatile d’une terrible envergure, un chérubin façon B52.

Cela fait, mister Vernon s’était employé à apprêter son aimable guet-apens. D’abord maintenir dans l’obscurité la plupart des petites pièces de la doll house, afin de permettre à son invité une intrusion sans risque. Puis activer un bon feu de bois dans le salon étriqué où il comptait l’attirer, réduire l’éclairage au minimum, disposer un fauteuil de dos par rapport à la porte, dans une pénombre bien dosée, y placer le mannequin qu’il avait acheté dans une brocante de Wokingham, et monter suffisamment le son de la chaîne hifi pour signaler sa présence. Gabriel avait toutefois choisi une musique d’une certaine discrétion dans le but de conserver une oreille attentive aux bruits environnants. Les Inventions for Electric Guitar de Michaël Göttsching convenaient à merveille.

Tout était prêt. Il n’avait plus qu’à attendre le coup de fil d’Ally l’avertissant de leur arrivée au cottage. Ce qui ne devrait pas tarder.

Gabriel se cala dans le minuscule sofa placé par Howie près de l’âtre, la télécommande de la sono dans la main, le mobile posé à proximité. La pluie continuait à chuinter au dehors. Un bruit de fond qui, joint aux volutes satinées de la guitare de Göttsching, masquait quand même un peu trop les bruits familiers de la maison, gémissements des poutres, craquements du parquet. Gabriel savait qu’il n’entendrait pas les véhicules arriver. Chaque fois que De Ridder était venu espionner les supposés après-midi galants que s’offraient Serena et son Jesse James de charme, il s’était prudemment garé à bonne distance du cottage, à l’abri d’un taillis. Une précaution qui contraignait Ally à stationner plus loin encore, de peur d’être repéré.

Le marchand de guitares, peu habitué à vivre des situations de ce genre, redoutait de subir un excès d’appréhension, le moment crucial venu. Une de ces montées de trac qui vous nouent de partout et vous crispent le reste. À son grand étonnement, maintenant que s’annonçait l’instant décisif, il n’éprouvait que sérénité. Il se sentait sûr de lui, persuadé de l’efficacité du piège qu’il avait tendu, confiant dans la vigilance de Williamson. Il entendrait d’ici peu sa bonne grosse voix de Santa Claus, l’appelant pour l’avertir que leur Marco venait de s’introduire dans la propriété. Ce serait alors à lui de jouer.

Il entendit le plancher émettre un grincement furtif, quelque part sur sa gauche. Son regard se porta instinctivement vers l’entrée de la pièce à demi éclairée.

Il sursauta aussitôt, comme frappé d’une décharge électrique.

Nonchalamment appuyé au montant de la porte, Marco De Ridder le contemplait, un sourire équivoque aux lèvres.

Dans l’épisode suivant

Comment De Ridder s’y est-il pris pour échapper à la vigilance d’Ally ? Ses intentions sont-elles aussi innocentes qu’il va l’affirmer ? Gabriel recourra-t-il finalement au stratagème qu’il a préparé ? Autant de questions auxquelles répondra peut-être le prochain épisode : La proie et l’ombre.

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Ce qu’il convient de savoir…

À son tour sous la menace potentielle de l’assassin présumé des Dee Tees, Vernon Gabriel semble avoir conçu le moyen de riposter, non sans l’aide de Serena Di Sante à qui il a finalement révélé une partie de ses secrets existentiels.

Petit lexique à l’usage des anglicistes timides

- coldmole cottage : la maison de la taupe froide
- doll house : maison de poupée
- London Wasps : les guêpes de Londres, équipe à la tenue dûment rayée jaune et noire