« Vernon ? Que diable faites-vous ici ? Il s’est passé quelque chose ? Vous avez une mine effroyable. »

L’aube se levait à peine sur Chelsea. Il pleuvait entre encore et toujours. Les trottoirs luisaient tristement à la lumière jaunâtre des lampadaires. La rue était déserte, laissée pour un court délai à la libre circulation des âmes en peine. Vernon Gabriel avait tout l’air d’être la plus pantelante d’entre elles.

En dépit de l’heure matinale, le Nashville Duke n’avait pas hésité à sonner à la porte de miss Di Sante, la tirant du lit sans vergogne. C’était une Serena ébouriffée, les yeux gros de sommeil, qui l’accueillait. Il lut dans son regard autant de surprise que d’inquiétude. La demoiselle, pieds nus, portait un sweat-shirt vaste à s’y perdre, barré d’un flocage Night in the ruts. Une contrepèterie qui en disait long sur son caractère de puncheur. On voyait dessinée par-dessous la ribambelle des sept nains, pioche à l’épaule, partant à la mine sous la lune. Gabriel crut se reconnaître en Simplet, lui qui se prenait pour Prof…

« Désolé de vous tirer de vos songes, bredouilla-t-il avec une risette de guingois. Il fallait que je vous parle, de toute urgence.

— Il n’y a pas de dérangement : vous savez bien que je ne rêve qu’éveillée. Entrez, installez-vous, reprenez vos esprits le temps que je nous prépare un café à faire décoller une enclume. Quelque chose me dit que votre nuit a été plus pénible que la mienne.

— Éprouvante, en effet, soupira-t-il. Très… »

Quelques minutes plus tard, ils se faisaient face, chacun un mug fumant à la main. Serena y soufflait pour tempérer son robusta en attendant que Gabriel se décide. Elle ne s’était même pas donné la peine de passer une autre tenue. Son visiteur, incapable de dissimuler son accablement, lâchait soupir sur soupir.

Ils ne s’étaient pas revus depuis la dernière nuit, plutôt mouvementée, passée dans le cottage du Berkshire. Trois jours s’étaient écoulés. Trois jours durant lesquels Gabriel avait tenté de mettre au point une stratégie de rechange afin de se soustraire à la menace que laissait peser sur lui De Ridder. Doutant d’être en sécurité sur le Salty Dog, il avait de nouveau abandonné le house-boat pour se réfugier dans son appartement de Charlton Place. Les pontons environnants restaient plus ou moins vacants en cette saison, un isolement qui aurait facilité d’autant la tâche du Hollandais. Et puis, la présence de toute cette eau autour de son domicile était devenue insupportable, maintenant qu’on lui avait si élégamment promis d’y finir comme Ophélie.

Emménager au-dessus de l’Angel Music Shop ne lui apporta pourtant pas le sentiment de sûreté espéré. Il n’avait cessé d’observer les parages, posté à la vitrine dès qu’il s’affairait au magasin – avec aussi peu d’entrain qu’un pénitent à confesse. Pour le moment, il n’avait constaté aucune présence suspecte, pas même l’ombre d’un Batave. Rien qui le tranquillisât pour autant.

Le plan initial, s’il avait fonctionné, lui aurait permis de recourir à la protection de Mahindana. De Ridder, une fois neutralisé par l’arpège, devait d’abord être soumis à une cordiale séance d’échauffement, destinée à lui laisser un respect durable de la poigne d’Ally. L’on devait ensuite lui annoncer qu’il ferait l’objet d’un interrogatoire enregistré. Tout en le menant à la pièce prévue à cet effet, Gabriel converserait aimablement avec lui, histoire de permettre à leur homme de fanfaronner, de jouer les durs à tanner, de proclamer qu’il resterait muet quoi qu’on lui demande. C’était précisément cet entretien improvisé qui allait être filmé. Même s’il s’y montrait peu bavard, le Néerlandais en sous-entendrait suffisamment, son probable refus de parler démontrant à lui seul qu’il avait bien des choses à dire.

Il était prévu ensuite de le relâcher en même temps qu’on confierait la vidéo à l’inspecteur cingalais, à charge pour celui-ci de monter un véritable dossier d’accusation. De Ridder, aimablement mis au courant de la supercherie, serait dès lors contraint de filer au plus vite s’il ne tenait pas à répondre à des questions plus pressantes de la part du Yard. Gabriel ne tenait surtout pas à livrer lui-même l’assassin présumé à la police : cette intervention en free lance n’aurait revêtu aucun caractère légal ; pis, leur nuisible aurait bénéficié de vices de procédure en cascade. Mieux valait abandonner à Mahindana le mérite d’une éventuelle arrestation.

Tout cela avait échoué. Gabriel ne savait à présent comment s’extirper de ce pétrin. Il sentait planer au-dessus de son crâne la présence hostile de celui qu’il avait laissé filer. Que Serena fût tout autant exposée ne faisait que renforcer son appréhension.

Trois journées durant, il avait ressassé en vain son problème, s’était empêtré dans ses craintes, avait envisagé des possibilités de riposte auxquelles il avait renoncé à peine échafaudées. Chaque fois que l’idée de décamper lui était apparue comme la seule option raisonnable, il s’était rappelé avec dépit qu’Adrian Di Sante avait choisi cette solution. Il en connaissait l’issue. De Ridder l’avait lui-même affirmé à Coldmole Cottage : l’homme était aussi patient que résolu.

Et beaucoup plus circonspect maintenant. Le chat avait été échaudé.

Sans compter qu’il n’était pas aussi seul qu’on l’avait d’abord pensé. Rien ne prouvait que le nous employé par le Hollandais se limitait au défunt Rabbleholme et à lui-même. Le fantôme de Sforza dressait son ombre par-derrière, promesse d’un surplus de menaces.

Jamais de sa vie Gabriel ne s’était débattu dans un bourbier pareil. Lui qui s’était tant pris au jeu du détective amateur regrettait à présent sa curiosité et son inconséquence.

Un essaim de gyrophares en action

Il leva les yeux, comme au sortir d’un rêve, et aperçut Serena devant lui, le nez dans son café. Il émit un « Bon, allons-y. » digne d’un moribond, puis lui raconta ce qui l’avait conduit à venir s’affaler de si frais matin dans le plus compatissant des divans de Chelsea.

« Je devrais me montrer soulagé, commença-t-il, vous dire que nous sommes pour le moment tirés d’embarras. Mais ce qui s’est produit cette nuit m’a tellement horrifié que je suis incapable de me sentir rassuré. »

D’une voix harassée, il l’informa enfin des derniers événements, tels qu’il venait de les vivre.

Au bout de soixante-douze heures de vaines réflexions et de tergiversations, il s’était résolu à aller dès le lendemain trouver Mahindana, à tout lui déballer – quitte à passer pour un doux hurluberlu –, et à s’en remettre à sa sollicitude.

Il n’eut pas à s’en donner la peine. La veille au soir, alors qu’il s’apprêtait à faire valser son micro-ondes, sans grand appétit toutefois, il reçut sur son portable un appel de la très laconique inspectrice Johnson. Il découvrit à cette occasion qu’elle savait parler, mais le son de sa voix lui fit d’emblée regretter son mutisme antérieur. Elle le pria, en un minimum de syllabes, de se tenir immédiatement à sa disposition : elle passerait le prendre dans les minutes qui suivraient, au carrefour le plus proche qu’il voudrait bien lui indiquer. Intrigué par tant d’urgence, Gabriel se rendit à cette invitation inattendue. Il trouva l’officier à l’endroit convenu, tous feux éteints, voiture et conductrice… Toujours aussi pâlichonne, et gaie comme un corbillard. Elle portait exactement la même tenue passe-partout que lors de leur précédente et unique rencontre. Ses cheveux blonds en filoches donnaient l’impression qu’elle confondrait toute sa vie peigne et râteau.

« Mahindana veut vous voir. Tout de suite. Je vous emmène.

— Que se passe-t-il ?

— Vous verrez. »

Douze mots. Pas un de plus. Aussi loquace qu’un cadenas. Elle n’ajouta rien pendant le trajet qui les mena dans la nuit d’Islington à Fulham. Ils s’engagèrent ensuite dans un quartier rarement fréquenté par Gabriel, une zone résidentielle morose, quelque part entre Fulham Road et Parsons Green. C’était un dédale de rues désespérément identiques, un inlassable alignement de maisonnettes en terrace. Ils aboutirent ainsi dans une voie endormie, répondant au doux nom de Mimosa Street. Trompeuse appellation : ce n’était qu’une morne double rangée de façades à bow-windows, certes d’un standing honorable, mais produisant une redoutable sensation d’étouffement, tant elles se resserraient sur la rue, sans un espace où laisser s’enraciner un arbuste. On ne cueillerait jamais ici les bouquets odorants promis par l’intitulé bucolique de ce dortoir de banlieue.

Gabriel aperçut de loin un essaim de gyrophares en action. Johnson, se contentant d’un « Voilà ! » lâché dans un français sans émoi, vint garer sa voiture auprès des véhicules de police qui les avaient devancés. Sans une parole de plus, elle invita son passager à la suivre. La pluie, tenace, avait dissuadé les voisins de venir s’agglutiner autour du cordon de sécurité. On apercevait leurs silhouettes se découpant alentour aux fenêtres éclairées. Une réserve toute anglaise, avec cette distance dans l’intérêt qui agace tant les Écossais, d’une nature moins retenue.

L’officier Johnson indiqua du menton la maison que les véhicules d’urgence encerclaient. Juste avant d’entrer, à la lumière capricieuse des feux clignotants, Gabriel aperçut, sur le tympan en demi-cercle qui surmontait la porte, le relief d’une lyre sculpté dans une plaque de calcaire. À cette vue, son sang figea dans ses veines. Une frayeur pourtant bénigne comparée au sentiment de totale horreur qu’il allait éprouver à l’intérieur.

Mahindana l’attendait, cravaté plus serré qu’un premier ministre à une séance des Communes. Il accueillit Vernon Gabriel avec son onctuosité coutumière, mêlant plates excuses et remerciements hypocrites pour le dérangement occasionné. Il prétendit avoir un besoin pressant de ses lumières et se fit pardonner par avance d’imposer à un citoyen peu aguerri le spectacle choquant d’une scène de crime encore fraîche. À la suite de ce préambule inquiétant, il pria Gabriel de l’accompagner dans la salle à manger. Chemin faisant, il lui apprit que l’alarme avait été donnée par des voisins, étonnés de voir éclairées toutes les fenêtres de ce meublé en attente de locataires. Des policiers allaient et venaient partout dans la maison, certains engoncés dans ces combinaisons blanches qui donnent aux hommes de la Scientifique l’allure de pompiers à l’assaut d’un nid de guêpes. Gabriel traversa cette cohue comme dans un rêve, avec la sensation curieuse d’être un intrus autorisé.

Il s’arrêta net sur le seuil de la pièce où le mena le petit inspecteur cingalais. Ce qu’il découvrit allait bien au-delà des avertissements de celui-ci. À la place d’un lustre monumental déposé à quelques pas, un corps sanguinolent était suspendu à son crochet par une corde, bras en l’air. Le cadavre était emprisonné entre deux guitares identiques, en forme de lyre, l’une par-devant, l’autre dans son dos. Une sorte de hamburger musical aussi horrible que grotesque.

Alors qu’il n’en avait vraiment aucune envie, Gabriel fut invité à se rapprocher, ce qui lui permit de mieux distinguer le visage de la victime, caché jusque-là par le manche de l’instrument plaqué sur la poitrine du malheureux. Les yeux exorbités, la bouche tordue, celui-ci montrait une face ravagée où tout n’était plus que spasme.

Gabriel essaya de se maîtriser du mieux qu’il put. Ce sournois d’inspecteur le soumettait sciemment à un spectacle aussi effroyable dans le but évident de le tester, d’observer ses réactions, voire de le déstabiliser. Sinon, l’officier se serait limité, comme dans le cas de Rabbleholme, à lui présenter quelques clichés. Ne pouvant cependant rester de marbre – une indifférence qui n’aurait pas plaidé en sa faveur –, Gabriel laissa spontanément s’exprimer son dégoût.

« Mais c’est épouvantable ! » s’enroua-t-il avant de détourner le regard.

C’était une manière comme une autre de masquer ses sentiments réels. Quelque chose le choquait bien davantage que le caractère féroce de la scène. Il connaissait le supplicié. C’était Marco De Ridder.

Comme s’il soupçonnait quelque chose, Mahindana se mit à ironiser à froid :

« J’espère que ce n’est pas à nouveau un de vos clients. Sinon, vous pouvez vous faire du souci pour l’avenir de votre négoce…

— Non, celui-là, je ne le connais pas. » mentit Gabriel, d’une voix enrouée qu’il jugea bien peu convaincante.

Mahindana le regretta : rien ne lui permettait pour le moment d’identifier ce cadavre. On l’avait délesté de ses papiers. Restait à espérer qu’on ne lui ait pas réservé le même traitement qu’à Rabbleholme.

Beaucoup de poudre aux yeux

Peut-être pour éprouver les nerfs de son interlocuteur, l’inspecteur se lança dans une sorte d’explication technique, montrant au Nashville Duke comment on s’y était pris pour réaliser le macabre assemblage. Le corps de chaque guitare avait été perforé en quatre endroits, l’on avait ensuite glissé dans les trous de la première un nombre analogue de tiges filetées, dont on avait ensuite percé la victime, avant d’adapter dessus le second instrument, de l’autre côté, et de boulonner l’ensemble le plus serré possible. Le tout post mortem, compte tenu de la faiblesse des hémorragies provoquées. Une torture digne de l’Inquisition, et proche du supplice infligé à Rabbleholme.

Presque ravi de son speech, Mahindana demanda si ces guitares très particulières disaient quelque chose à l’éminent spécialiste d’Islington, et si un symbole quelconque s’attachait à leur forme originale. Gabriel connaissait en effet cet instrument baroque au design de lyre : fabrication sud-coréenne, disponible en quatre modèles différents, micros Sky conçus par Dongho Electronics, beaucoup de poudre aux yeux, mais lutherie convenable et qualité sonore acceptable. C’était quand même une guitare davantage destinée à épater la galerie qu’à rivaliser avec une Gibson, un accessoire idéal pour les groupes nippons et autres froufroutants adeptes du Visual Kei.

Autant de précisions qui ne parurent pas éclairer le policier. Celui-ci soumit ensuite à Gabriel un autre élément de mise en scène laissé par le criminel. Une nouvelle partition sanglante. Le musicologue devina de quoi il retournait, bien sûr, mais s’appliqua à déchiffrer les mesures griffonnées avec l’hémoglobine de De Ridder. Il n’eut guère de difficulté à reconnaître le thème le plus connu du Requiem allemand de Brahms. Il en informa aussitôt Mahindana, qui ne sembla pas si fâché que cela d’avoir désormais affaire à un tueur en série, un amateur de crimes bien solfiés et de décorum musical. Voilà qui sortait l’enquêteur de sa routine. Enfin une grande affaire criminelle susceptible de l’émoustiller, et de favoriser ses ambitions de carrière.

Comme s’il tenait plus que jamais à conforter Gabriel dans son rôle de consultant, l’inspecteur établit en aparté avec lui la problématique de l’affaire. Il se demandait d’abord pourquoi cette tranquille maisonnée de Fulham avait été choisie comme théâtre de l’exécution. Si celle-ci était actuellement mise en location, donc inoccupée, elle n’était pas la seule de ce type dans Londres. Gabriel jugea opportun de ne pas risquer une allusion à la lyre sculptée au-dessus de la porte, qui désignait cet endroit plus que tout autre. Pas plus qu’il ne tenait à souligner le lien à présent apparent avec la précédente scène de crime : la lyre n’était-elle pas emblème d’Apollon, dieu tutélaire du théâtre martyr de Shaftesbury Avenue ? Moins il donnerait l’impression d’en savoir long, mieux ce serait. Une telle insistance à torturer son monde en usant de guitares le rendait déjà assez suspect comme cela.

Mahindana avait bien d’autres questions en réserve. Pourquoi diable des requiem ? Fallait-il donner une signification à l’emploi répété de paires de guitares similaires ? Existait-il un lien entre les deux victimes, hormis leur anonymat ? Gabriel aurait été en mesure de répondre à ses interrogations. Mais maintenant qu’il était délivré de la menace De Ridder, il n’estimait plus nécessaire d’obtenir la protection du Yard. Mieux valait adopter le profil le plus bas qui soit.

Dès que l’inspecteur l’eut libéré, le remerciant une fois encore de s’être si aimablement déplacé, Gabriel quitta la place sans regret, abandonnant le policier à sa perplexité. Johnson l’attendait pour le déposer chez lui. Il préféra donner l’adresse de Serena. Il lui tardait de lui annoncer la mort du Néerlandais qui, pour abominable qu’elle fût, et incompréhensible aussi, signifiait pour eux la levée des dangers. Certes, ce n’était qu’un répit. Sforza bis, même privé de ses sbires, n’en resterait pas là, c’était certain. Mais toute trêve était bonne à prendre.

L’esprit accaparé par son récit, Gabriel avait presque oublié la présence de Serena. Rencognée en face de lui dans son fauteuil club, les jambes nues repliées sous elle, celle-ci tournait pensivement son mug vide entre ses doigts, comme si elle cherchait à relever dans les traces de marc de quoi élucider tant d’énigmes.

« Même si l’élimination de ce fichu Marco nous arrange, soupira-t-il, je ne me sens pas bien gaillard pour autant. Je n’oublierai pas de si tôt le supplice atroce qu’on lui a infligé. Il est certain que l’intervention de cet ennemi qu’il redoutait nous tire une épine du pied, mais qu’un tel enragé rôde dans les parages ne finit pas de m’inquiéter. Nous avons peut-être plus à craindre qu’à espérer de son aide. D’autant que je ne comprends rien à ses motifs. Ah, que j’aimerais nous tirer au plus vite de ce cauchemar, trouver un sortilège qui le repousse. Tiens, je devrais peut-être rejouer l’arpeggio dans le désordre le plus total, peut-être que cela annulerait toute l’histoire. »

Cette idée lui trottait encore en tête quand il regagna l’Angel Music Shop, plus tard dans la matinée. Il traversa le magasin sans le moindre regard pour ses chères guitares, prit à peine le temps de saluer Andy et monta s’enfermer à l’étage. Il lui arrivait rarement de se verrouiller ainsi dans son logement, mais il éprouvait à cet instant un besoin irrépressible de tout boucler, de se tapir.

La lyre jumelle l’attendait sur la table basse du living. Muette. Lourde de ses mystères.

Il passa la journée à ressasser, à tourner en rond entre ses meubles. Ses pas le ramenaient sans cesse à l’instrument, qui le défiait de toute sa sourde puissance. Le soir vint noyer de ténèbres son âme en confusion. Il finit par s’asseoir face à la lyre et demeura prostré de longues minutes à contempler les cordes immobiles. Puis, mû par une sourde intuition, il se saisit de la partition de l’arpège et, l’égrappant de ses mains frémissantes, il exécuta à nouveau l’arpeggio oscuro. À l’envers, cette fois.

Dans l’épisode suivant

On ne bouleverse pas impunément une partition bien établie. Avoir exécuté l’arpège à contresens va exposer Vernon Gabriel à d’imprévisibles conséquences, au point de détourner le cours de son existence. De singulières altérations que vous découvrirez dès le prochain épisode : Anomalies.

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Ce qu’il convient de savoir…

Usant du pouvoir de l’arpeggio oscuro, Vernon Gabriel a échappé tant bien que mal à Marco De Ridder venu lui réclamer lyre et carnets avant de lui faire subir un sort aussi peu enviable que celui des membres de Dark Theatre. La menace n’est pour l’instant que repoussée.

Pour en savoir plus

- sur le Visual Kei

Petit lexique à l’usage des anglicistes timides

- Night in the ruts : la nuit dans les mines (terme propre aux exploitations à ciel ouvert), contrepèterie de Right in the nuts (Droit dans les noisettes, ou les roubignolles…) qui servit de titre salace à un album fameux d’Aerosmith.

Galerie d’images

- guitare lyre coréenne
- Fulham