Devinant que les explications nécessaires ne tarderaient pas à lui être fournies, Gabriel ne jugea pas opportun de demander de quel bûcher parlait Guarneri. Il préféra s’immerger dans son tumbler de pur malt, invitant ainsi son interlocuteur à poursuivre son récit.

Une fois la noble assemblée attablée, Rezzonico et le cadet Di Parma se livrèrent à un superbe assaut d’amabilités. Le Vénitien s’enquit du répertoire du jeune musicien et l’assaillit de questions sur la lyre singulière qu’il comptait présenter lors du concert à la Pietà. Comme en réponse à tant de curiosité, le Parmesan exhiba un rouleau de papier, le tendit à son hôte pour lui en faire présent. C’était, prétendit-il, une partition particulière, transcrite d’après des textes en grec ancien, destinée à être exécutée – il accentua fort le mot – sur cet instrument sans équivalent. Rezzonico, après avoir témoigné une reconnaissance excessive, en dénoua le ruban. Il reconnut à l’instant les mesures reproduites à l’encre rouge sur les portées qui s’alignaient sous ses yeux : c’était celles du requiem de Palestrina, celui-là même qu’il avait utilisé pour simuler son assassinat dans la maisonnette des bords du Pô. Le quatrième du genre, attribué à celui qui éliminait un à un les membres du Cénacle. Lui, en l’occurrence.

Rezzo comprit trop tard dans quel piège il était tombé. Le prétendu Don Astarloza sortit de dessous sa redingote le pistolet qu’il y tenait caché et brûla la cervelle du Vénitien par un franc tir en plein crâne. Avant que les convives sidérés aient le temps de contre-attaquer, l’héritier Guarneri et son complice se levèrent de table et s’encoururent vers la sortie du palazzo. On les prit en chasse, mais sur le quai s’était postée la troupe des coupe-jarrets embauchés par Andrea, qui retarda les poursuivants, en étripant quelques-uns au passage. Les deux jeunes gens se séparèrent alors : Di Parma regagna une propriété de famille dans les Abruzzes, tandis que Don Felipe reprenait la route de La Haye sous une identité de rechange. La Loggia perdit sa trace.

Ce fut à son retour aux Pays-Bas qu’Andrea fit peindre le tableau que Gabriel avait découvert sur le cliché exhibé par Guarneri. Une commande hautement symbolique, destinée à proclamer que vengeance avait été accomplie. Il avait posé lui-même, la lyre ramenée d’Italie placée à son côté, en spécifiant qu’on substitue à ses traits le visage de son père, copié d’après un médaillon porté en pendentif qui ne quittait jamais son cou.

Andrea ne connut par la suite que quelques semaines de répit. Il reçut un jour un courrier d’Italie, expédié par l’aîné des Di Parma, qui le plongea dans les affres d’un nouveau déchaînement meurtrier. Domenico avait été retrouvé un matin assassiné dans son cabinet de musique. Quelques événements singuliers, qu’il était désormais possible d’interpréter comme des avertissements, avaient précédé ce malheur. Plusieurs fois de suite, le cadet avait découvert la partition sur laquelle il travaillait remplacée par une autre, certes du même morceau, mais griffonnée en notes de sang. Sur chacune était dessiné, à l’hémoglobine également, un archet de violon. C’était justement un accessoire de cette sorte qu’on avait retrouvé planté dans l’abdomen de l’infortuné Domenico.

Il n’était nulle question cette fois de requiem, mais le crime n’en était pas moins signé : les membres de la Loge s’étaient à leur tour vengés de la mort de leur chef, sans recourir toutefois à la méthode propre à leur défunt leader, peut-être parce qu’ils en ignoraient tout. Si Rezzo leur avait faire accroire qu’ils avaient à œuvrer à la protection de l’humanité, il avait dû éviter d’apparaître à leurs yeux comme un meurtrier égocentrique, animé d’un sens aussi cruel que pervers de la mise en scène criminelle. Il faut bien qu’idéal rime un tant soit peu avec morale…

L’odieux assassinat dont avait été victime Domenico Di Parma n’allait pas demeurer sans réponse. Andrea se sentit à la fois atteint dans son honneur, responsable de cette mort, même indirectement, et blessé dans son affection, récente mais réelle, pour ce jeune homme avec qui il avait partagé l’excitation de l’aventure vénitienne. Il lui fallait venger les Di Parma, morts et vivants confondus.

Un moinillon crédible

« Tout ça tourne à la vendetta, ni plus ni moins, estima Gabriel.

— Laissons la misérable vendetta aux basses crapules calabraises, voulez-vous, se rebiffa Guarneri. Il ne s’agissait pas d’un douteux règlement de comptes entre mafieux, mais plutôt d’une faida, d’un droit légitime à la vengeance, une cause digne de respect.

— Cela ressemble quand même beaucoup à du carnage alla siciliana. Un meurtre en engendre un autre, et sous prétexte de laver l’honneur des familles offensées, on se trucide de génération en génération, jusqu’à oublier la cause véritable de cette chamaillerie sanglante. Ce genre de ping-pong mortel devient facilement un jeu sans fin.

— Vous avez raison sur ce point : la Loggia di seta comptait en ses rangs plusieurs neveux de Rezzonico, aussi susceptibles que résolus, qui considérèrent l’exécution de leur oncle comme un affront personnel et en firent une affaire de famille. Ils se sentaient en droit d’exercer eux aussi la faida.

— Massacre en chant amébée…

— Une métaphore musicale de circonstance, je vous reconnais bien là, monsieur l’historien du rock.

— N’en déplaise au grand Will, j’ai toujours considéré le monde non comme une scène, mais comme un orchestre. Couacs et fausses notes comprises… Et je suppose que tout ça s’est joué ad libitum.

— Pas au point d’atteindre la satiété, regretta Guarneri, un pli d’amertume au front. Cette querelle s’est prolongée sans parvenir à se vider. La faida est toujours en cours au moment où nous parlons.

— Vous voulez dire que tout ce qui s’est passé récemment, l’élimination des Dee Tees, les menaces sur Adrian Di Sante, les exécutions de messieurs Rabbleholme et De Ridder, tout ça n’est que la suite du conflit à rebondissements né entre les Guarneri et les Rezzonico ?

— Cela fait partie des choses que j’ai à vous expliquer, en effet. Vous comprendrez mieux si vous me permettez de reprendre mon récit.

— Défaites donc… »

Guarneri s’octroya une gorgée de Lagavulin, puis relança la machine à remonter le temps. S’il souhaitait accomplir la vengeance à laquelle il s’estimait obligé, Andrea devait se rendre à nouveau en Italie. Il lui était cependant impossible de voyager sous son identité réelle, ni sous le nom de Marciello, pas plus que sous celui d’Astarloza, le risque était trop grand. Fidèle au souvenir de son père, il décida de ressusciter Fra Leonardo, le franciscain rigoriste sous les traits duquel Antonio Guarneri premier du nom avait fui d’Italie en France. Il se laissa pousser la barbe, se tonsura le crâne et quand il se jugea devenu un moinillon crédible, il reprit le chemin de la péninsule.

Bien décidé cette fois à mener une véritable croisade contre le clan Rezzonico, il s’assura d’abord le soutien d’alliés plus concernés que sa bande de canailles vénitiennes. Il rencontra successivement les frères de Domenico, puis les parents d’Alessandro Scarfiotti et de Massimo Testi. Ce qu’il leur raconta leur fit rapidement épouser la cause qu’il défendait. Ulcérés, les héritiers du Cénacle assassiné constituèrent une ligue assez nombreuse pour s’en prendre à la Loge. La faida était lancée, avec un but radical : anéantir le camp adverse, sans paix possible ni pardon envisageable.

Andrea Guarneri allait pour ce faire reprendre et affiner la stratégie employée à Venise : l’arpège pour appât. De retour dans la Sérénissime, incognito sous sa défroque de moine, il se mit en quête d’un musicien de renom, depuis longtemps établi dans la ville, qui lui servirait à hameçonner ses ennemis. Une fois celui-ci sélectionné, il lui fit remettre la lyre, de la façon la plus anonyme qui soit. Intrigué par cet instrument tombé du ciel, le destinataire ébahi entreprit quelques recherches. Celles-ci le menèrent jusqu’à une librairie musicale, tenue par un comparse de Guarneri, où on fit en sorte qu’il exhume une prétendue partition pour lyre jumelle, contrefaite à son intention, qui lui révélait le schéma de l’arpège. Les portées en étaient complétées par des commentaires manuscrits, succincts mais explicites, laissant deviner la prodigieuse nature de la chose.

Gabriel reconnut sans peine cette stratégie, encore employée récemment : les carnets transmis à Adrian lors de son séjour à Milan, la lyre déposée en tapinois dans le muséum musical de Masolino à Lucques, puis à l’Angel Music Shop il y avait peu.

Quelques confidences portèrent la pseudo découverte du musicien à la connaissance de la Loggia di seta, toujours aux aguets, plus que réceptive au moindre bavardage concernant des harpes étranges et des arpèges inouïs. Un neveu du défunt Rezzo et l’un de ses frères de loge sortirent aussitôt de l’ombre, dans le dessein de réduire au silence le maître de musique imprudent. Il leur fallait agir avant qu’il ne fasse usage de sa trouvaille et ne libère dans Venise des hordes de doppelgängers plus ou moins malfaisants. Les deux comparses se mirent à l’affût, sans se douter qu’eux-mêmes se plaçaient ainsi sous la surveillance de Fra Leonardo et de ses compagnons de faida. Ils tentèrent ensuite d’impressionner leur cible en plaçant une couronne mortuaire sur sa porte, puis en déposant chez lui des copies de ses compositions couvertes de symboles funèbres.

Gabriel identifia là la première mouture du procédé utilisé vis-à-vis des Dee Tees, en prélude à leur élimination.

Les étouffeurs d’arpège n’eurent cependant pas l’opportunité de mener à terme leur projet criminel. Le groupe des Guarneristes s’empara d’eux. On les retrouva éventrés sous un sotoportico isolé, avec à proximité de leur cadavre une partition couverte de notes de sang. Andrea, en réponse aux crimes anciens, s’était approprié la méthode de Rezzonico puisque ses adversaires avaient cessé d’en user.

La pratique avait donc traversé les siècles : Guarneri venait encore d’y recourir avec Rabbleholme et De Ridder. Gabriel comprenait à présent pourquoi ceux qui étaient censés réincarner l’assassin aux requiem avaient bizarrement fait les frais de son modus operandi. Restait à définir si c’était oui ou non un juste retour des choses. Il crut bon de manifester son aversion pour de si sordides pratiques :

« Si vous essayez de me persuader que votre clan, passé ou actuel, a agi au nom de motifs légitimes, j’aime autant vous dire que vous vous peignez le tilak dans l’œil. Aller ainsi exposer un musicien innocent à la vindicte de fanatiques, comme on attache une brebis à un piquet pour attirer le loup… Le besoin de vengeance – votre noble faida – n’excuse pas des méthodes pareilles. Et n’allez pas me dire que la fin justifie les moyens. Pour moi, on est ce qu’on fait, voilà tout.

— Quelle admirable vigueur morale, monsieur Gabriel ! persifla Guarneri. Si le sort de ce pauvre maestro vénitien vous préoccupe à ce point, sachez que mon ancêtre Andrea a veillé à sa sauvegarde. Juste après l’exécution du neveu Rezzonico et de son complice, il a chargé quelques-uns des siens de s’introduire chez lui à grand fracas, de lui dérober la lyre et son mode d’emploi, sans chercher à s’en cacher, ce afin de faire savoir publiquement que l’homme ne risquait pas désormais d’égrener l’arpège maléfique. La Loggia n’avait dès lors plus aucune raison de s’en prendre à lui. »

Comme s’il estimait avoir disculpé son aïeul, Guarneri reprit sans sourciller le fil de son récit. Andrea, la double exécution accomplie, ne s’estima qu’à moitié contenté. C’était la totale extermination de la Loggia qu’il visait, puisqu’il la jugeait responsable dans son ensemble des crimes antérieurs. C’était devenu pour lui plus qu’un devoir à accomplir : une véritable raison d’être.

« Splendide motif de vivre, vraiment, regimba encore Gabriel. La haine comme vocation, vous parlez d’un sacerdoce.

— Si vous n’avez jamais vraiment haï, vous ne pouvez pas comprendre.

— Désolé, je ne sais que détester, cela suffit à mon bonheur. Mais poursuivez, je vous en prie, ne vous laissez pas freiner par mes sentiments inférieurs. »

Et bien des feuillets brûlés

Guarneri leva légèrement les bras, dans un mouvement d’impuissance, comme s’il renonçait pour l’instant à son absolution, et en revint à Andrea. Celui-ci était en revanche totalement satisfait de la stratégie employée. Il réalisa qu’il venait de forger une arme imparable, et qu’il n’allait pas se priver d’en user à nouveau. Afin de forcer les membres de la Loggia à s’aventurer en terrain découvert et mieux les éliminer, il suffisait d’exhiber à leur vue la lyre ou des documents s’y rapportant. Il décida donc de commander des copies de l’instrument et de confectionner une bonne fournée de manuscrits à l’appui. S’il perdait un jour un appât, il disposerait de quoi le remplacer.

Bien sûr, l’ennemi se douterait qu’il s’agissait d’un leurre destiné à l’attirer, il devinerait aisément qui manœuvrait ainsi, mais il serait néanmoins obligé de céder à l’invitation : s’il ne le faisait pas, l’arpège retentirait. Or sa vocation lui imposait de tout tenter pour préserver ses semblables de ce fléau potentiel. La Loge était forcée de réagir, à l’instar des prêtres contraints par leur foi d’affronter Satan en dépit de leurs craintes. Leur idéal fait le malheur des fanatiques. Les hommes de la Loge s’entoureraient évidemment de précautions, s’emploieraient à déjouer les traquenards dans lesquels on les appelait de façon si ostensible. Il reviendrait à Guarneri et aux siens de les piéger quand même. Ainsi s’annonçait une longue partie d’un jeu mille fois joué.

« À bon chat, bon rat, souligna Gabriel, narquois. Chacun étant persuadé d’être Tom… Cela me rappelle un groupe de rock, très soyeux lui aussi, qui s’était joliment nommé Curiosity killed the cat. Sauf qu’il est ici davantage question de férocité que de curiosité. »

Cette lutte entre les deux factions durait ainsi depuis deux siècles. Jamais la faida qui les opposait ne s’était essoufflée. Avec des fortunes diverses, comme le reconnut Guarneri :

« Cette bataille sans cesse recommencée n’a pas vraiment tourné à l’avantage d’un camp ou de l’autre, je l’admets. Certains musiciens que nous avons désignés comme appâts ont malheureusement péri avant que nous puissions neutraliser leurs agresseurs. Il est arrivé aussi que la Loge retourne notre piège contre nous. Ses envoyés feignaient de tomber dans le panneau tandis que d’autres guettaient notre intervention. Plusieurs lyres ont été détruites, et bien des feuillets brûlés. Il y a eu des pertes des deux côtés, ce qui a engendré à chaque fois de nouveaux motifs de vengeance. Vous savez comme moi à quel point sont infatigables les ennemis héréditaires. »

Gabriel peinait à concevoir qu’on s’affronte de la sorte durant deux cents ans sans que jamais l’on ne soit saisi par la lassitude ou l’écœurement. Ces gens étaient de véritables enragés, reconduits dans leurs excès par l’intime conviction de défendre une noble cause. Seul le motif de tant de haine, si musical, rendait leur conflit exceptionnel. À cette nuance près, on retrouvait chez ces forcenés la persévérance dans l’agressivité dont font montre sur notre pauvre sol tant de factions religieuses ou ethniques.

Au cours de l’évocation par Guarneri des diverses péripéties de cette partie d’échecs mortels, une allusion retint au passage l’attention de Gabriel. À entendre son interlocuteur, l’un des infortunés musiciens victimes de la stratégie de l’appât aurait été une figure éminente du rock de la fin des sixties. Parmi les nombreuses morts prématurées qui avaient décimé une bonne partie des stars de l’époque, il s’en était produit une qui ne devait rien aux excès de drogue ou d’alcool. L’un de ces héros rebelles avait été choisi par les Guarneristes pour capter la sollicitude de la Loggia. Une cible parfaite, un esprit assez libertaire et novateur pour se laisser éblouir par les perspectives de dépassement de soi promises via l’arpeggio oscuro. On lui en transmit le secret. La loge fut hélas plus réactive que ses adversaires. Seul résultat positif du fiasco, son décès précoce fit entrer le franc-tireur dans la légende.

Guarneri ne daigna pas révéler à Gabriel l’identité de ce beau sacrifié, promu au Panthéon du rock par ses confrères historiographes. Le Nashville Duke se perdit dès lors en supputations à ce sujet. Se pouvait-il que ce fût Hendrix ? Ou Brian Jones ? Jim Morrison ? Voire Duane Allman ? Il y avait là de quoi raviver les doutes qui entouraient les morts si rapprochées de tant de personnalités marquantes. Si Gabriel n’avait jamais adhéré dans leur cas à la théorie du complot, il lui était arrivé de relever des incohérences ou des zones d’ombre dans les récits de leurs trépas. L’un d’eux aurait donc été victime de la Loge et non de ses abus personnels ? Une pareille éventualité donna le tournis au musicologue. Il se rappela comment ceux qui avaient éliminé les Dee Tees étaient parvenus à maquiller leurs crimes sous des apparences de décès accidentels, plus ou moins prévisibles. Tout cela se tenait, à son grand regret.

Dans l’épisode suivant

Bien qu’il le devine, il reste à Vernon Gabriel à apprendre comment les membres de Dark Theatre se sont retrouvés impliqués dans ce conflit séculaire entre la Loggia di seta et ceux qui souhaitent l’anéantir, quel que soit le prix à payer. Les rôles de Rabbleholme et de De Ridder vont enfin s’expliquer. Mais une question se pose en sus : pourquoi diable Guarneri déballe-t-il tout cela ? Ses intentions vous seront sans doute révélées dans l’épisode suivant : Voir Stockholm et mourir.

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Ce qu’il convient de savoir…

Un lointain descendant d’Antonio Garneri, pourtant demeuré très proche des préoccupations du Cénacle Précieux, raconte à Vernon Gabriel les événements qui ont suivi la fuite de son ancêtre à Paris : la mort qui l’y a rattrapé, la vengeance entreprise par son fils Andrea, l’expédition vénitienne destinée à châtier Rezzonico et ses séides de la Loge de Soie.

Petit lexique à l’usage des apprentis polyglottes

- tumbler : verre à whisky aussi large que haut
- sotoportico : passage couvert à Venise
- tilak : un des nombreux noms donnés à la pastille de couleur que les habitants de l’Inde se peignent sur le front
- curiosity killed the cat : la curiosité a tué le chat

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- Jim Morrison
- Jimi Hendrix