Gabriel s’accorda le temps de la réflexion : si El Loco disait vrai, le venin du boomslang était un poison dénué d’impatience, un destructeur nonchalant. L’éventualité d’un bluff persistait dans l’esprit de l’Écossais, mais cette possibilité ne changeait pas grand-chose à la donne. Dans le doute, il était bien obligé de faire comme si rien n’était simulé. Pouvait-il refuser de s’impliquer, au risque de laisser s’infecter l’autre fou ? Non, évidemment.

De là à se plier docilement aux règles de son petit jeu… Gabriel demeurait résolu à appeler les secours. Ce qui ne l’empêchait pas de tenter sa chance puisque ce délai lui était accordé. Il s’en serait voulu d’avoir gâché l’unique opportunité qui lui était offerte de remettre la main sur Iron Swan. Ses yeux se posèrent à nouveau sur les sept boutons colorés de la commande de déverrouillage. La tentation lui vint d’essayer une combinaison au hasard, juste pour voir. Il se retint toutefois, de peur de donner à son vis-à-vis le plaisir malsain de le regarder tâtonner. Quitte à relever le défi, il convenait d’en venir à bout de façon magistrale, par un seul coup gagnant. Oui, mais lequel ?

Gabriel dévisagea El Loco, comme s’il cherchait à deviner sur ses traits maquillés la solution du problème. Cette face fardée de rouge était décidément grotesque. Tout en la contemplant, avec une incompréhension désabusée, le marchand de guitares imagina les ravages qu’allait produire sur ce faciès le venin du serpent des arbres : l’épiderme qui se fissurait, le sang se répandant comme une sueur de Christ en croix. Pourquoi s’imposer la perspective d’un supplice pareil ? Certes, El Loco s’étant injecté sa dose juste avant que Gabriel n’arrive, il savait qu’il ne risquait pas grand-chose : son archange veillerait à le soustraire au péril. La pharmacopée recelait toutefois bien d’autres substances toxiques susceptibles de produire le même empoisonnement retardé sans présenter d’aussi douloureux symptômes. Ce maboul avait-il donc une raison précise de leur préférer les affres du jus de boomslang ?

On le lui avait dit, Gabriel l’avait vérifié par lui-même : El Loco, bien que cinglé, ou précisément à cause de cela, ne faisait rien sans raison. Tout dans son comportement s’ordonnait suivant le code saugrenu de sa logique oblique. Une intention particulière avait guidé son choix, c’était certain. Il fallait donc y chercher un indice destiné à la résolution de l’énigme. Le Camden cow-boy se remémora leur entretien de Moaning Manor, truffé de signes, de symboles et d’allusions cachées. Tout faisait sens chez cet insensé. Il observa une fois de plus son grimage incongru, ces singulières chamarrures écarlates. Les désastreux effets hémophiliques du venin lui revinrent également à l’esprit.

Et il comprit. D’un coup.

La solution s’était brusquement mise en place sous son crâne, le temps d’une fulgurance. Que n’avait-il compris plus tôt qu’avec ce déséquilibré, tout n’était qu’obsession et répétition ? Ce type tournait dans le cercle de ses idées fixes comme un poisson clown dans un bocal. Il savait désormais ce qu’il avait à faire. Il ne lui restait qu’à préciser ses souvenirs.

« Vous permettez que je sorte un moment, s’excusa Gabriel. J’ai deux coups de fil à donner.

— Rappelez-vous ce que je vous ai dit, l’avertit El Loco. Le cygne de fer ne reviendra qu’à l’archange salvateur.

— N’ayez crainte. Je ne vais pas tarder à déployer mon zèle… »

Gabriel quitta la chambre et regagna l’extérieur. La mer au dehors bruissait à vagues contenues, comme dans l’attente de sa décision. Le premier appel fut pour le centre anti-poisons le plus proche. Il lui fut répondu qu’une équipe serait sur place dans une petite trentaine de minutes. Voilà qui lui octroyait un délai suffisant pour mener à bien ce qu’il avait en tête. Il composa ensuite le numéro de l’Angel Music Shop, non pour qu’on lui livre des ailes, mais pour solliciter Andy. Fidèle à son habitude, celui-ci ne décrocha pas tout de suite, et lui répondit d’une voix qui venait des nuages. Son patron le pria de se rendre à l’appartement de l’étage et d’aller se planter devant sa bibliothèque de loisir. Le luthier une fois en position, celui-ci s’entendit prescrire de chercher un ouvrage particulier dans le secteur que son boss lui indiqua. Le livre était là où Gabriel se souvenait l’avoir rangé. L’ébouriffé de service dut ensuite rechercher la section que le chef désirait consulter à distance, puis lire à haute voix le premier paragraphe.

La description que le récit proposait ne mettait guère en appétit : « Jamais peste ne fut si fatale, si horrible. Son avatar, c’était le sang, – la rougeur et la hideur du sang. C’étaient des douleurs aiguës, un vertige soudain, et puis un suintement abondant par les pores, et la dissolution de l’être. Des taches pourpres sur le corps, et spécialement sur le visage de la victime, la mettaient au ban de l’humanité, et lui fermaient tout secours et toute sympathie. »

Aussi rouge que possible

Voilà qui coïncidait à la perfection avec les dégâts causés par le venin du reptile africain. Gabriel pria Andy de se porter un peu plus loin dans le texte et de trouver le passage où était précisé « l’ordre des pièces du palais princier ». Son assistant lui donna rapidement satisfaction, relisant même le passage deux fois pour que le marchand de guitares s’en imprègne.

Cela fait, après avoir remercié Andrew sans pour autant lui fournir la moindre explication, Gabriel regagna la pièce où patientait El Loco. Il se dirigea droit vers le boîtier et, sans la moindre hésitation, tendit l’index vers le système de déverrouillage. Il pressa successivement sur le bouton bleu, le pourpre, puis vert, orange, blanc, violet, et pour terminer l’opération sur le noir marqué de rouge. Un déclic se fit entendre, le couvercle s’entrouvrit. Il y avait bel et bien à l’intérieur une seringue remplie d’un liquide séreux.

« Je vous laisse pratiquer, ou faut-il que votre ange gardien joue aussi à l’infirmière ? » demanda-t-il en brandissant sa trouvaille avec un sourire de triomphe.

Le rocker fou, pour toute réponse, désigna l’endroit de son abdomen où il devait piquer. Une simple injection intradermique ne posait pas de difficultés, même pour un néophyte comme Gabriel. Tandis que celui-ci s’appliquait, El Loco lui chuchota à l’oreille :

« Merci de me rendre la vie, cher ange. On tire toujours grand profit à s’inspirer d’Edgar Poe, n’est-ce pas ?

— Comment aurais-je oublié l’ultime salle, tendue de velours noir, avec ses vitraux rouges, d’une couleur intense de sang ? Vous avez quand même de la chance que Le masque de la mort rouge soit une des nouvelles que je préfère. Seul problème, je ne me rappelais évidemment plus dans quel ordre précis s’ordonnaient les salles monochromes où Prospero donne son dernier bal. D’où mon appel à un ami, sans espérer pour autant gagner des millions… Je vous avouerai que dans le doute, j’ai aussi téléphoné aux secours. Il leur restera à vérifier si j’ai correctement administré le traitement. Et maintenant ? Avez-vous d’autres exigences, monseigneur ?

— Le temps de me remettre et j’appellerai pour que l’on vienne me chercher. Il me tarde de retourner au manoir et de m’enfermer dans mon studio pour enregistrer la musique que cet endroit m’a mise en tête. Entendez-vous le riff souterrain de la mer qui le ronge ?

— Vous n’oubliez rien ? Vous me devez une guitare, je crois.

— C’est peut-être celle que vous trouverez dans la pièce d’à côté.

— Comment ça, peut-être ? »

Gabriel n’attendit pas la réponse. Il se rua dans la chambre indiquée. Sur le lit était déposé un étui de guitare, étendu telle une Belle au bois dormant. Le Nashville Duke se hâta de l’ouvrir, pressentant une imposture. Ce ne fut pas Iron Swan qu’il découvrit à l’intérieur, mais un spécimen de Gibson 335 demi-caisse ruby, identique à celle qu’avait immortalisée Alvin Lee à Woodstock sur son mythique I’m going home. Ce satané El Loco s’était payé sa tête !

« Mais ce n’est pas la bonne ! rugit-il dès qu’il fut de retour dans la chambre contiguë.

— Ah, c’est dommage… Ç’aurait été si beau que le hasard me fasse justement choisir celle que vous recherchiez. Quel magnifique signe du destin cela aurait fait. Et comment est-elle, au juste ?

— Aussi rouge que possible.

— Eh, vous voyez ! exulta le sinoque. Le destin n’est donc pas si muet !

— Vous faites vraiment n’importe quoi, se dépita Gabriel.

— Quoi de plus normal pour un fou ? »

Que répondre à ça ? Gabriel leva les bras au ciel en un geste d’infinie impuissance, puis, faute de mieux, se chargea d’appeler Moaning Manor. Il n’avait plus qu’une hâte : qu’on le débarrasse de ce fêlé et de ses chicaneries baroques. Le véhicule des soins d’urgence arriva peu après, pour une intervention désormais sans objet. Gabriel n’eut guère à s’empêtrer dans des explications embarrassées : dès que l’un des infirmiers eut reconnu El Loco en dépit de son grimage new look, il comprit qu’il s’agissait d’une nouvelle excentricité de sa part et, avec un bel éclat de rire, préféra ne pas s’en formaliser.

Les gardes-malades attitrés du Grand Dingue vinrent récupérer leur protégé en début de soirée. Jugeant l’heure trop avancée pour retourner sur Londres, Gabriel alla louer une chambre pour la nuit à l’auberge locale, pour la plus grande jubilation de la gérante qui lui réserva en retour un dîner princier pour convive unique. Agneau du Suffolk, of course. La dame se montra même si empressée que le Nashville Duke se demanda un moment si celle-ci n’envisageait pas d’aller ensuite lui servir de chaufferette. Il n’en fut rien : au Skipper Inn, on savait garder le cap.

Gabriel fut somme toute soulagé que madame ait gardé le meilleur pour la faim. Cela l’avait dispensé de repousser la tentation. Lui qui se refusait jadis par égard pour le spectre de Tracy s’obligeait désormais à la vertu pour les beaux yeux de Serena. C’était un progrès appréciable. Il savourait sa fidélité, seul entre ses draps, quand se représenta à son esprit la surveillance dont il faisait l’objet de la part de Guarneri et ses sbires. Tout aux extravagances d’El Loco, il l’avait oubliée pour un temps. Pas un moment lors du trajet de Londres à Dunwich il n’avait songé à jeter un œil dans son rétroviseur pour vérifier si on le suivait. Il ne faisait pourtant aucun doute que ces messieurs à l’affût ne l’avaient pas quitté d’une semelle, se demandant certainement ce qu’il allait fabriquer dans ce coin paumé du Suffolk. À l’heure qu’il était, ils cherchaient probablement le sommeil, pelotonnés dans une voiture garée à l’écart, faute d’avoir trouvé refuge ailleurs que dans l’unique gîte disponible à Dunwich.

La face roudouillarde du fantôme de Sforza

Gabriel reprit la route d’Islington dès le jour levé. Cette fois, il se montra plus attentif, jetant de fréquents regards derrière lui. Il n’aperçut pourtant aucun véhicule suspect dans son sillage. Cela ne prouvait pas qu’il avait échappé à la vigilance des Guarneristes. Ceux-ci avaient fort bien pu coller une puce GPS quelque part sur sa Chevrolet, afin de le pister à distance.

De retour à Londres sous une averse de bienvenue, il déposa sa Camaro au parking et se rendit au magasin, sans détour par le Salty Dog. La boutique était ouverte quand il y arriva. Il y entra donc comme n’importe quel chaland et avisa aussitôt Andy posté derrière le comptoir. Celui-ci, plus échevelé que jamais, pestait tant et plus sur l’ordinateur du magasin.

« Bug du matin, chagrin… » plaisanta Gabriel à son intention.

Sa boutade eut pour effet de lâcher la bride à l’exaspération de son luthier. Celui-ci se répandit en jérémiades, informant son patron que tous les postes de travail de l’Angel Music Shop étaient infectés de la même façon. Il avait eu beau passer d’un PC à un autre, les éteindre, enclencher des procédures de reset et des analyses antivirales, rien n’y avait fait. Chaque fois que les écrans s’allumaient, ils se bloquaient sur l’image de lancement d’une vidéo en streaming. En transparence sous le triangle de mise en marche apparaissait le dessin de la lyre jumelle.

Andrew avait tenté sans succès de lancer la vidéo : l’accès était conditionné par un mot de passe. Au-dessus du rectangle de saisie était simplement mentionné un « Maître de musique : » qui avait laissé perplexe l’assistant de Gabriel.

« Je vais voir ce que je peux faire, grommela ce dernier. »

Il grimpa à l’étage, déploya son portable et buta sur le même écran d’accueil. Qui pouvait être le maître de musique dont il fallait inscrire le nom ? S’en remettant aux bienveillances du hasard, Gabriel tapa celui de Di Sante. Il reçut en réponse un message d’erreur. Il saisit alors son propre nom, avec le même résultat. Se fiant à l’image sous-jacente de la lyre, il aligna les lettres de Guarneri. Tout se débloqua comme par miracle.

Un montage vidéo se mit alors à défiler, une série de clichés et de dessins dont la plupart lui étaient plus que familiers. Les visages de Di Sante, de Serena, des différents membres de Dark Theatre, des vues de Crémone, des copies de partitions, une photo du palazzo de Lucques abritant le musée privé de Masolino, des coupures de presse relatant l’assassinat de Rabbleholme et celui de De Ridder. Pendant que se déroulait ce diaporama, comme en prélude à une série TV le résumé des épisodes précédents, un message clignotait en bas d’écran : Connexion en cours, veuillez patienter… Une icône dans la barre d’outils montrait qu’une communication par webcam était en train de s’établir. Au bout de quelques minutes, la vidéo s’interrompit, un interlocuteur apparut. Gabriel en sursauta sur sa chaise : il venait de reconnaître la face rondouillarde du fantôme de Sforza.

La liaison, pour pirate qu’elle fût, s’avéra d’excellente qualité. L’image de son interlocuteur ne souffrait d’aucun ralentissement, sa voix lui parvenait claire et nette :

« Bonjour, monsieur Gabriel. Je suis heureux de vous parler enfin. »

L’homme s’exprimait avec ce détachement teinté d’affectation dont aiment à se prévaloir ceux qui se croient supérieurs aux autres. C’était un seigneur qui parlait, ou du moins cherchait-il à en donner l’impression. Il présentait vraiment une ressemblance frappante avec le portrait du duc de Milan que Gabriel, sur l’autre versant de sa vie, s’était procuré à la Pinacoteca. La rondeur des traits, les roucoulades d’un bel accent italien invitaient à une confiance instinctive, mais les intonations de cette voix teintée de morgue, la froideur glacée de ce regard sombre, certains plis menaçants aux lèvres et au front portaient à l’attitude inverse.

« Puis-je savoir à qui j’ai l’honneur ? demanda Gabriel, sans cacher sa circonspection.

— Mon nom n’a pas d’importance. C’est le motif de ma démarche qui compte. J’ai appris que vous envisagez prochainement d’organiser la démonstration publique d’un instrument ancien que vous auriez déniché il y a peu, une sorte de lyre double aux vertus sympathiques. Je trouve très curieux que cet instrument apparaisse dans votre magasin de Londres juste après qu’un spécimen identique a disparu de la collection d’un de mes compatriotes toscans. Purement et simplement chapardé. Je suis persuadé que vous seriez fort en peine de vous justifier de l’origine de votre acquisition. »

L’homme ménagea une courte pause, le temps pour Gabriel de reconnaître in petto que son interlocuteur ne se trompait guère. Si on lui demandait de présenter la facture de la lyre et les certificats d’importation, il aurait quelques difficultés à s’exécuter.

« Voilà qui sent fort le recel d’objet volé. Comme je suis très désireux de restituer ce bien au signore Masolino, pour des raisons qui ne vous concernent pas, je vous serais reconnaissant de procéder auprès de moi à une restitution immédiate. À défaut de quoi je ne serais pas surpris de voir débarquer dans votre boutique le service des douanes de Sa Majesté. Une situation embarrassante que vous vous éviterez, j’en suis persuadé. »

Gabriel n’avait plus désormais aucun doute : le duplicata de Sforza qui se pavanait sur son moniteur n’était autre que Giancarlo Rezzi, le lointain descendant de Vincenzo Rezzonico, l’héritier de l’assassin du Cénacle, le maître rouage de La loge de soie, alias Setalogg. Celui-ci, évidemment habitué aux traquenards que tendaient ses adversaires depuis des décennies de faida, avait pris la précaution de ne pas s’exposer en se rendant en personne à Charlton Place. Ceux qui surveillaient l’endroit en ce moment en étaient pour leurs frais.

Donnant à entendre qu’il n’y avait place ni pour la discussion ni pour le marchandage, Rezzi précisa dans la foulée les conditions de la rétrocession qu’il souhaitait :

« Je vous attendrai après-demain à vingt-trois heures à l’église St-Jean de Chapterham-on-Thames. Vous apporterez la lyre, ainsi que les documents s’y rapportant que vous possèderiez – vous en détenez certainement, sinon comment seriez-vous instruit de l’existence du maestro Guarneri ? Venez seul, bien sûr. Je compte sur votre présence et votre ponctualité. Cela vous épargnera bien des désagréments. Au plaisir de vous revoir bientôt. »

La communication se coupa. Le bureau habituel s’afficha sur l’écran du PC, signifiant la fin de l’intrusion.

« J’y serai, mon bon, j’y serai, soliloqua Gabriel en singeant le ton suffisant de l’Italien. Mais pour ce qui est des désagréments, c’est vous qui allez être servi, mon bon… »

Dans l’épisode suivant

Pourquoi ce rendez-vous nocturne dans une église ? L’endroit doit posséder quelque particularité qui le prédispose à un quelconque traquenard. Il ne fait en effet aucun doute que Rezzi sait Gabriel surveillé par ses ennemis. Cherche-t-il donc à détourner l’appât à son profit ? Dans cette partie de poker menteur, le Nashville Duke semble cependant avoir quelques atouts maîtres à jouer, comme vous le découvrirez dans l’épisode à venir : Sous l’Œil de Dieu.

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Ce qu’il convient de savoir…

Vernon Gabriel s’est rendu à Dunwich, la cité côtière partiellement engloutie par la mer, où l’attend El Loco en fugue. Ce dernier le soumet à une aberrante épreuve : le sauver de l’empoisonnement en échange de la guitare d’Adrian Di Sante qu’il détient. Il faut pour cela résoudre une énigme à base de couleurs qui laisse perplexe un Gabriel fort peu désireux de se prêter à un jeu aussi malsain que périlleux.