Pour la première fois depuis son éveil, Gabriel subissait le sentiment étouffant de la réclusion. Il enrageait de se trouver claquemuré dans cet hôpital, soumis à l’irritante routine de son traitement, alors que l’appelait au dehors la nécessité d’en apprendre davantage. Sentir si proche de lui le fac-similé de Sforza, quel que fût son nom véritable, le savoir en train de déambuler à sa guise dans les couloirs du Charing Cross : voilà qui ne laissait pas de l’inquiéter. Si ce personnage était à moitié aussi nocif que ses rêves le lui avaient suggéré, il avait tout à redouter de cette présence rapprochée.

Il lui avait fallu apaiser les soupçons de Serena à ce sujet. Il avait attribué sa rencontre à une plaisante coïncidence, mis en doute une ressemblance dont l’impression avait été exagérément accrue de la part de la jeune femme, sans doute sous l’influence du récit du voyage transalpin de Gabriel. Une fois miss Di Sante partie, plus tardivement qu’il ne l’aurait souhaité, maître Vernon se jeta sur son mobile. Il avait hâte de vérifier ce qui lui trottait en tête. En toute priorité, il désirait approfondir ce qu’il avait deviné dans son sommeil des origines de la lutte entre descendants du Cénacle et affidés de la Loge, la cause probable des malheurs récents d’Adrian Di Sante, et de ses partenaires avant lui. Si cette vieille vendetta était confirmée, il n’aurait plus aucun motif de douter de ses retombées actuelles.

La journée n’était pas trop avancée pour appeler son vieux camarade Kenny Mac Farlane. Ce fidèle ami d’enfance tenait actuellement une chaire d’histoire au Trinity College de Dublin. Cet éloignement relatif ne les avait pas empêchés de conserver entre eux des liens étroits. Ils avaient plus d’une fois traversé le St George Channel, dans un sens ou dans l’autre, pour commémorer les beaux jours de leur commune jeunesse. Ce savant camarade était tout désigné pour recommander un confrère parisien spécialisé dans le fait-divers au XIXe siècle, le genre d’érudit de l’infime capable de renseigner Gabriel sur la fin de Giacomo Marciello, alias Antonio Guarneri.

Après l’avoir accueilli avec sa bonhomie coutumière, Mac Farlane s’étonna du caractère inattendu de la requête de son ami. Pourquoi un pétulant négociant en guitares électriques s’intéressait-il à un sujet aussi suranné ? Le Nashville Duke s’abrita sous de nébuleux prétextes musicaux, une histoire de lyre-guitare, instrument très en vogue à l’époque. Kenny s’en satisfit et l’aiguilla aussitôt vers un certain Pierre Granier, présenté sous l’édifiant pléonasme de sorbonnard émérite. Ce qu’il y a d’épatant avec la France, c’est qu’on y trouve des experts de tout, vu que le moindre Français, d’une immodestie atavique, s’estime une sommité dans son domaine. Le Granier en question était prétendu incollable sur les anecdotes millésimées en 18. C’était un homme qui faisait passer la petite histoire pour la grande en l’examinant à la loupe… Il entretenait une écurie de doctorants qu’il immergeait dans la presse du siècle en question, ce surtout dans le but d’alimenter de leurs recherches ses propres publications.

Gabriel, quelque peu instruit des usages universitaires, savait que ce petit monde était régi par une étiquette sourcilleuse. Que Kenny se charge d’approcher l’éminent professeur lui parut préférable. Monseigneur ne s’abaisserait sûrement pas à répondre à la demande d’un vil marchand de boucan. Il pria donc son ami de transmettre sa demande, on se respecte mieux entre pairs. Il avait heureusement de quoi la formuler de façon précise : Guarneri bis, dans son supposé récit de la faida, avait lourdement insisté sur la date de l’assassinat de son ancêtre, le 4 août 1832, revenant sans cesse dessus comme si ce jour comptait davantage pour lui que son propre anniversaire. Une telle indication faciliterait grandement les investigations des papivores asservis à maître Granier.

La réponse lui parvint en effet dans les meilleurs délais, quarante-huit heures plus tard, rapportée par l’ami Kenny. Il avait sans doute suffi de filer aux archives de la Bibliothèque Nationale et de parcourir les gazettes des jours suivants la date désignée. Il y était relaté que le sieur Giacomo Marciello, citoyen italien, surnommé le précepteur des princes, avait pour de bon été occis le 4 août de l’an 32. Sa famille épouvantée l’avait retrouvé étalé dans son cabinet de travail, étripé à la diable, avec à son côté une partition complétée de son propre sang. Le morceau y figurant n’avait pas été identifié. Il pouvait s’agir d’une pièce de musique religieuse. Gabriel savait à qui l’attribuer. Ce devait être le requiem de Giovanni Francesco Anerio, un musicien dont il n’avait pourtant jamais entendu parler de sa vie, si ce n’était durant les frénétiques cogitations de son apparent coma.

Cette confirmation troubla fortement le musicologue. Il se demanda par quel invraisemblable miracle la date conservée de ses songes pouvait correspondre exactement avec celle du meurtre réel. Était-ce encore une de ces impalpables graines de vérité tenues cachées dans les replis de sa mémoire ? Alors qu’il se croyait cette fois incapable de se rappeler où il l’aurait glanée, un détail insolite, entrevu dans les carnets de Guarneri, lui revint en mémoire.

Sur la dernière page annotée de ce qui devait être l’ultime cahier des partitions, une portée avait été complétée après les autres par une main différente. Il y figurait, à la suite de la clé, le nombre 4832, que son habitude des mesures à quatre temps lui avait fait prendre pour une notation de rythme plutôt originale. Suivait une série de silences conclue en bout de ligne par la double barre de fin de morceau. 4, 8 et 32, et plus une seule note ensuite : le jour du décès d’Antonio Guarneri avait été consigné sous forme musicale, pour solde de toute œuvre, en une coda muette. Une inscription symbolique dont la signification avait échappé à sa perspicacité, mais les couches profondes de son intellect avaient capté le sens de l’avis. Cette extraordinaire clairvoyance onirique avait de quoi sidérer. Ou effrayer.

Les monstres ont toujours faim

Si cette partie de l’histoire se vérifiait, il était nécessaire de persévérer dans la même voie. Gabriel se rendit sur le Web afin d’y dénicher un spécialiste du mouvement maçonnique en Italie. L’origine du lien établi pendant son sommeil avec les francs-maçons était certainement à chercher dans une phrase des carnets faisant allusion aux sympathies d’Antonio Guarneri pour cette mouvance. Une affinité qu’il avait pu transmettre à ses descendants.

Sa connaissance de la langue permit à maître Vernon de débusquer un certain Giovanni Stanzioni, citoyen de Bologne, chroniqueur de l’obscur, dont la flatteuse réputation donnait à penser qu’il n’ignorait rien des loges locales ni de leurs rites. Il parvint sans trop de difficultés à se procurer une adresse mail auprès de l’éditeur du susdit et entra en contact avec lui par ce biais. L’intéressé l’appela en retour avec une célérité qui laissait supposer chez lui un emploi du temps aéré. Une fois exposé l’objet de sa curiosité, Gabriel n’eut guère à attendre pour obtenir une réponse. Stanzioni se montra encore plus prompt que le docte professeur Granier : il connaissait son sujet mieux que le Nashville Duke ses guitares et fournit en instantané de quoi satisfaire son interlocuteur londonien. Et achever de le déconcerter.

Il avait réellement existé à Venise une loge de seconde importance, à l’époque indiquée, nommée la Loggia velata. La loge voilée : Gabriel n’était pas si éloigné de la soie dont était tissé son mystère. Le surnom ne procédait pas d’une propension particulière aux cachotteries, mais se référait aux épaisses tentures qui tapissaient le lieu de culte, peut-être pour en étouffer les échos, et ne pas chagriner les vénérables aînés de la Gran Loggia Veneziana voisine.

« Qui dirigeait cette loge du côté de 1830 ? demanda Gabriel dans son italien le mieux cravaté.

— Un certain Vincenzo Rezzonico, riche à cracher des sequins, issu d’une des meilleures familles vénitiennes.

— Et ne serait-il rien arrivé de fâcheux à ce notable ? insista l’Écossais d’une voix qui soudain chevrota légèrement.

— Et si. Il a été assassiné en 1833. »

Un an après le meurtre dont avait été victime Guarneri père : tout concordait. L’historien italien précisa dans la foulée les circonstances particulières de cette exécution. Gabriel apprit ainsi que, des deux auteurs du forfait, un seul avait été identifié par la police vénitienne : c’était, non pas un cadet Di Parma, mais un certain Gianluca Scarfiotti, probable descendant du virtuose du Cénacle. Son comparse, demeuré anonyme, était selon les témoins un étranger, un Français à en croire son accent. Rezzonico avait été poignardé en traître lors d’une réception et ses agresseurs, avant de prendre la fuite, avaient jeté sur le cadavre la partition d’un requiem célèbre. Stanzioni ne se rappelait plus le nom du compositeur. Gabriel se garda bien de lui souffler celui de Palestrina.

Emporté par sa science, son informateur bolognais précisa que le Scarfiotti en question, bien que reconnu, avait échappé aux assiduités de la justice parce qu’exécuté avant d’être arrêté, sans doute par des membres du clan Rezzonico qui ne désiraient laisser à personne d’autre qu’eux-mêmes le soin de régler leurs affaires de famille. Quelques décès suspects, survenus ensuite dans les rangs de la Loggia velata, donnaient à penser que ces échanges de bons procédés n’en étaient pas restés là. Stanzioni avait de plus découvert que la Loge, toujours active de nos jours, avait abandonné ses rites pour se consacrer aux opérations financières, sous la dénomination de Logavel, un fonds d’investissement plus que fructueux.

Ces renseignements achevèrent de convaincre Gabriel qu’il avait bel et bien résolu en songe toute l’affaire. Un peu comme un Sherlock Holmes qu’on aurait placé sous hypnose pour solutionner un casse-tête. Demeurés dans la réalité à l’état épars, loin d’une explication qui les assemblerait, les éléments du mystère de l’arpeggio s’étaient miraculeusement intriqués, quelque part sous son crâne, sous l’effet d’une prodigieuse germination mentale. Un emboîtement dans tous les sens du terme.

À présent que la faida était attestée, rien n’empêchait de considérer les malheurs de Dark Theatre comme une de ses ramifications. La présence à Londres de la réplique de Francesco Sforza le confirmait. Quelque part en ville devait donc rôder aussi quelque héritier du Cenacolo Peregrino, celui que ses rêves lui avaient dépeint comme un nouveau Guarneri, celui qui avait stoppé dans leur élan messieurs Rabbleholme et De Ridder en les éliminant de façon assez spectaculaire pour signer son ouvrage. Gabriel comprit, non sans angoisse, qu’il se situait désormais au cœur de l’affrontement entre les deux factions, parce qu’il possédait la lyre, les carnets et leur secret. Dès qu’il sortirait de l’hôpital, il deviendrait à son tour et l’enjeu et l’appât de leur joute. Rien n’est moins rassurant que de se sentir soudain encadré par Charybde et Scylla. Les monstres ont toujours faim.

La première sueur froide passée, Gabriel réalisa que sa phase d’éruption cérébrale lui avait non seulement suggéré comment assembler le puzzle, mais lui avait également fourni le moyen de se sortir d’un tel guêpier. Afin de se défendre, il pouvait bien sûr recourir à l’arpège, user de la stratégie du chantage telle qu’il l’avait appliquée à St-John-The-Baptist, puis au Grantchester. L’issue lui avait été montrée : il suffisait de contraindre ses adversaires à renoncer à la lutte, sous la menace de divulguer ce à quoi chacun d’eux se serait compromis en s’abandonnant aux noirs instincts de son doppelgänger.

Ce fut donc avec une impatience accrue que Gabriel endura les derniers supplices thérapeutiques de sa semaine de rééducation. Il lui tardait d’être autorisé à quitter Charing Cross pour lancer sa contre-offensive. Il se doutait que ceux qui le guettaient attendaient ce moment, qu’ils entreraient en action dès son retour chez lui. Il s’agissait de prendre les devants.

Quand arriva enfin l’heure de la levée d’écrou, Serena, qui s’était proposée de le ramener à Islington, vint le chercher avec une ponctualité dont Gabriel lui fut reconnaissant. Il passa dans son cabinet de toilette afin d’abandonner sa grotesque défroque de bagnard hospitalier et de revêtir une tenue plus conforme à ses souhaits d’élégance. Ce fut avec jubilation qu’il endossa à nouveau sa chemise à plastron brodé, qu’il enfila ses boots, qu’il boucla son gros ceinturon à tête de longhorn, l’emblème des Eagles. Un plaisir avorté quand il se rendit compte, au moment de serrer son col, que son bolo tie fétiche manquait à l’appel. Il se rappelait avec certitude qu’il le portait au moment de sa commotion. Où était-il passé ? Lui aurait-on chipé ?

Vivaldi est de retour

Quand il regagna la chambre, la main à son encolure dénudée, veuve de sa gemme noire, Serena s’aperçut aussitôt de son désappointement. Elle connaissait assez les manies des messieurs pour savoir que rien ne les dépite plus que de s’exhiber au stade sans leur maillot favori.

« Vous cherchez peut-être votre bolo tie ? intervint-elle. Il a été endommagé lors de votre chute à Charlton Place, le jour où vous avez sombré. J’ai pris sur moi de le confier à un restaurateur de bijoux de ma connaissance. Il devrait avoir fini de le rafistoler, je pense. Mais vous connaissez l’histoire…

— Quelle histoire ?

— Un brave Napolitain décide d’émigrer en Argentine, poussé par on ne sait quelle urgence de se priver de spaghetti. Trente-neuf ans plus tard, la nostalgie du pays natal le pousse à effectuer un pèlerinage sur les pentes du Vésuve. Il retrouve son quartier, la maison de son enfance. Une chose n’a pas changé en un demi-siècle : en face de chez lui est toujours ouverte la même boutique d’horloger. Le bonhomme se rappelle alors qu’avant de quitter Naples, il y a porté une montre à réparer, qu’il n’a donc jamais récupérée. Le reçu, tout fripé par le temps, est encore plié dans son portefeuille. Plus par amusement qu’autre chose, il entre dans le magasin, où l’accueille le même horloger que jadis, avec trente-neuf ans de rides en plus. Il tend son récépissé, demande si d’aventure il serait possible de retirer la toquante en question. Or, miracle, le vieil artisan se la rappelle à merveille : “Un produit français, n’est-ce pas ? Une Lip ? Avec un bracelet en chevreau ?” C’est tout à fait ça. Le bonhomme l’aurait-il toujours ? “Bien sûr, lui répond l’autre, elle sera prête en fin de semaine…” J’espère que mon orfèvre se sera montré plus diligent… »

Quand Serena et Gabriel quittèrent enfin l’hôpital, au grand soulagement de ce dernier, le convalescent ne cessa de jeter autour d’eux des regards circonspects. Il s’attendait à surprendre, aux aguets quelque part, la silhouette adipeuse du sosie de Sforza. À son grand étonnement, il ne l’aperçut nulle part. Une fois vautré tel un poussah dans la Toyota de Serena, il n’en demeura pas moins vigilant tandis que celle-ci reprenait le chemin d’Islington. Bien lui en prit de garder son œil rivé sur le rétroviseur. Il ne tarda pas à repérer une Jaguar, à la livrée vert sombre, qui se tenait obstinément dans leur sillage.

Dès qu’ils roulèrent sur City Road, Gabriel pria son charmant chauffeur de le déposer à Angel Station. Il prétendit vouloir poursuivre à pied jusqu’à Charlton Place. Après sa claustration prolongée, quelques pas à l’air libre lui feraient le plus grand bien. Serena protesta, affirmant qu’il n’était pas encore assez valide pour gambader ainsi. Il s’employa à la rassurer : le trajet n’était pas si long, il s’en sentait la force. La jeune femme souffla de dépit, mais se plia à sa demande. Elle stoppa au carrefour souhaité. Gabriel la remercia de son obligeance, de son dévouement et de sa contribution décisive à sa guérison. Pour toute réponse, et ce pour la première fois depuis qu’ils se connaissaient, la prévenante Italienne le gratifia d’une bise sur la joue, presque à la sauvette. Cette marque d’affection aurait dû le ravir, mais son caractère décidément trop maternel lui gâcha le plaisir.

Alors que, depuis le trottoir, il saluait une dernière fois Serena, la Jaguar verte passa sous son nez, contrainte par la poussée du trafic à dépasser la Toyota en stationnement. Gabriel eut juste le temps de distinguer, l’espace de quelques secondes, les traits d’un homme qui l’observait intensément depuis la vitre latérale arrière du véhicule. Cette figure massive, cette chevelure romantique lui étaient familières : c’étaient celles du soi-disant Antonio Guarneri, l’homme qu’il avait rencontré un soir, au cours de ses délires, au Britsih Institute for Acoustic Studies & Research.

L’établissement n’existait pas dans le Londres réel : Gabriel l’avait recherché en vain. C’eût été trop beau… Il ne devait toutefois pas manquer en ville d’hôtels confidentiels de ce genre. Lui-même en avait fréquenté à l’occasion d’entrevues destinées à renseigner ses bouquins. Il eût été bien difficile de deviner de l’extérieur que ces façades anodines dissimulaient des suites de luxe recherchées par les stars en mal d’incognito. Gabriel ne s’était pas donné la peine de poursuivre ses investigations dans ce sens puisqu’il savait comment attirer à lui cet acteur probable de la fameuse faida.

Bien qu’il n’ait fait que l’entrevoir à la volée, la ressemblance empêchait toute méprise : c’était bien le même homme. La précision des souvenirs conservés de ses vaticinations continuait à le déconcerter. Gabriel se demanda cependant comment avait pu migrer dans ses pensées la physionomie d’un homme qui était pour lui un parfait inconnu jusque-là. D’où tenait-il son image ? Tandis que la Jaguar s’éloignait sur Pentonville Road, une ritournelle de L’Estro Armonico vint lui cabrioler en tête. De quelle mystérieuse association d’idées était-il le jouet ?

Il sonda sa mémoire, et se rappela finalement une scène fugace vécue peu avant son départ pour Coldmole Cottage. Il avait traversé la boutique pour sortir, y laissant Andy en grande discussion avec un client. Celui-ci l’entretenait d’un modèle rare de mandoline électrique. Son accent italien avait intérieurement réjoui Gabriel. « Tiens, Vivaldi est de retour. » avait-il pensé, avant d’oublier tout cela au premier pas hors du magasin. C’était cet homme qu’il avait revu à l’instant, assis à l’arrière de la Jaguar à l’épier sans façons. Sans doute était-il passé à l’Angel Music Shop se renseigner en douce sur Gabriel, sous le premier prétexte musical venu. Son visage, brièvement aperçu, s’était là encore imprimé secrètement sous son crâne, avant d’être replacé à l’avant-scène de ses fantasmes lors de ses heures de léthargie.

Gabriel reprit le chemin de son magasin, d’un pas encore raidi par ses semaines d’immobilisation. Il était temps de regagner Charlton Place afin d’y peaufiner sa stratégie. Désormais assuré de disposer de ses proies dans les parages, il ne lui restait plus qu’à tendre le piège qui leur était destiné.

Dans l’épisode suivant

Vernon Gabriel, aguerri par les événements vécus en rêve, connaît désormais parfaitement la marche à suivre pour neutraliser ses adversaires et en finir une bonne fois avec les menaces que ceux-ci laissent peser sur lui. Tout va-t-il se passer néanmoins comme ses songes l’ont anticipé ? Voilà ce que vous apprendrez dès l’épisode suivant : Abbey Road.

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Ce qu’il convient de savoir…

Grâce à Serena Di Sante qui a usé des vertus de l’arpeggio oscuro, Vernon Gabriel s’est s’éveillé d’un coma de forme inédite, durant lequel son cerveau, tournant à plein régime, lui a fait croire qu’il avait été transféré dans une destinée parallèle. Or, de nombreux éléments de ce supposé délire se montrent d’une déroutante exactitude, jusqu’à la présence à Londres du fantôme de Sforza. Se pourrait-il que toute l’affaire ait été résolue en songe ?