« Comment êtes-vous entré ? demanda Gabriel, stupéfait. J’ai pourtant tout bouclé derrière moi. »

Un long sourire malicieux éclaira le visage de l’Italien. Il se divertissait ostensiblement de la situation. Pareil contentement en était même vexant.

« Oh, je ne me suis pas glissé à travers la cloison. Les murs d’une abbaye ne laissent jamais rien filtrer, c’est bien connu. Non, je vous ai simplement précédé. J’étais dans cette pièce avant même que vous n’y veniez. Ces fauteuils enveloppants sont extrêmement commodes pour s’y dissimuler. Et si confortables. »

Gabriel lui jeta un regard incrédule, comme pour solliciter de plus amples explications.

« Vous étiez tellement à votre affaire, monsieur Gabriel, que vous ne vous êtes à aucun moment demandé si quelqu’un d’autre que vous utilisait aujourd’hui les installations du SAS. En plus de cette unité d’enregistrement, l’abbaye met à la disposition de ses clients un studio de maquette, ainsi qu’un autre destiné à la sonorisation vidéo et au mixage des bandes-sons de film. Dès que j’ai appris votre projet de production, j’ai loué ce dernier. Je m’y suis affairé toute la journée sans même que vous vous en doutiez, attendant l’heure de vous rejoindre. »

L’homme ressemble beaucoup à celui que Gabriel a fréquenté en rêve, tant pour le physique que par le comportement. Il se dégage de ses traits pourtant épais un charme indéniable, dû pour l’essentiel au velours havane de prunelles enjôleuses. Une chevelure longue, soigneusement lissée, affine à point nommé cette physionomie rustaude. Ses propos se nappent d’un phrasé crémeux proche de la mondanité. Tout chez lui n’est qu’élégance et miel.

« Je m’étonne que vous ne me demandiez pas qui je suis, reprit-il. Me connaîtriez-vous ? J’ai eu cette impression quand nos regards se sont croisés, l’autre jour, à Angel Station. Vous m’avez dévisagé comme si ma mine vous était familière. »

Gabriel éprouva pendant quelques secondes la tentation de le lui confirmer. Histoire de montrer qu’il n’était en rien dépassé par la situation, qu’il en savait beaucoup plus que l’autre ne le supposait. Il pouvait déstabiliser l’adversaire en affichant sur lui cette forme de supériorité. Lui lancer en défi « Vous êtes un Guarneri, je crois. » eût été jubilatoire. Mais bougrement imprudent aussi.

L’allure affable de ce visiteur inattendu ne devait pas le leurrer. À bien l’observer, on notait sur son visage les marques d’un tempérament à redouter. Quelques plis plus marqués aux commissures contredisaient l’amabilité de son sourire de façade. Ses yeux pétillants de complicité demeuraient trop peu ouverts pour inspirer une absolue confiance. Il émanait de sa personne une puissante aura de sournoiserie. Cet homme était dangereux.

Les images de Rabbleholme empalé sur la scène de l’Apollo Theatre, de De Ridder pris en sandwich entre les deux guitares lyres revinrent se présenter à l’esprit de Gabriel, lui rappelant à quel point cet adorable causeur était un modèle de cruauté. Mieux valait garder profil bas, quitte à passer pour le benêt qui n’a rien deviné.

« Je n’oublie jamais un client, répondit le commerçant de Charlton Place, même si je ne me suis pas directement occupé de lui. Vous êtes venu à l’Angel Music Shop, il n’y a pas si longtemps, en quête d’un modèle rare de mandoline électrique. »

L’explication parut satisfaire son interlocuteur, au point que celui-ci, presque de bonne grâce, déclina son identité :

« Je m’appelle Guarneri. Rafaele Guarneri. »

Ce n’était donc ni Antonio, ni Andrea. Une nouvelle distorsion entre songe et réalité. Mais l’essentiel se confirmait, une fois encore.

Chaque mot avait été pesé, modulé avec délectation, de façon à déguster en gourmet l’effet de surprise recherché. Gabriel, se prêtant au jeu, fit part de son étonnement, le rendant le plus crédible possible :

« Tiens, je croyais ce nom éteint. Ne devriez-vous pas vous nommer Marciello ?

— Je constate que vous avez lu avec attention les carnets rédigés par mon ancêtre. Vous avez raison : je n’use du Guarneri que pour le plaisir, quand l’occasion s’en présente. La prudence me contraint en temps ordinaire à utiliser d’autres identités. D’où tenez-vous ces documents ?

— La veuve d’Adrian Di Sante, Sonia Kristensen, me les a prêtés pour étoffer mon bouquin sur Dark Theatre. C’est dans le coffre où ils se trouvaient que l’on a découvert les partitions du septième album du groupe, celui que j’ai le projet de réaliser enfin. Seriez-vous venu me réclamer une part des droits d’auteur pour l’utilisation des mémoires de votre aïeul ? »

Un regard à décuirasser Invanhoé

Gabriel devait à tout prix éloigner les soupçons de Guarneri, lui donner à croire qu’il n’était au courant de rien de crucial. Ce dernier ne parut pas disposé à renoncer aussi facilement à sa suspicion.

« Je serais curieux de savoir ce que vous avez pensé de cette histoire d’arpège, le questionna l’Italien.

— Une jolie idée, de quoi alimenter un superbe mythe. Et bâtir un concept album qui ait fort belle allure, persista Gabriel.

— Son pouvoir vous paraît à ce point invraisemblable ?

— Il doit y avoir une explication rationnelle aux effets prêtés à ces résonances. J’ai beau être écossais, je suis imperméable aux fantômes, aux esprits baladeurs et aux doppelgängers.

— Ce en quoi vous avez tort. Sinon pourquoi les messieurs que nous attendons se donneraient-ils tant de mal pour récupérer cette lyre que je vois là-bas. »

D’un mouvement de la main, il désigna l’instrument, installé de l’autre côté de la vitre, posé tel un Graal sur une table, dans le cercle des amplis qu’avaient échauffés durant la journée les apprentis Dee Tees.

« Mais de quels messieurs parlez-vous, à la fin ? coupa Vernon Gabriel.

— Ceux dont vous guettez si assidûment l’arrivée sur vos écrans de vidéosurveillance. »

Guarneri le testait à nouveau. Son cobaye esquiva :

« Je crains que vous ne vous mépreniez. J’attends la sœur d’Adrian Di Sante, qui doit me rejoindre cette nuit. Un aussi parfait gentleman que vous n’a nul besoin que je lui précise pour quoi, je suppose. »

L’Italien, le sourcil arqué, lui adressa une œillade sarcastique.

« Il serait fâcheux que cette demoiselle débarque au milieu de la réception qui va se donner bientôt ici. Si sa santé vous est précieuse, mieux vaudrait lui envoyer un SMS remettant ce rendez-vous à plus tard. »

Gabriel admit servilement la pertinence de ce conseil et s’exécuta. Guarneri vérifia le contenu du message avant qu’il ne soit expédié. Ayant constaté que la formulation en était sans malice, il pria son vis-à-vis d’éteindre son smartphone une fois l’envoi effectué. Il jeta ensuite sur le Camden cow-boy un regard à décuirasser Ivanhoé, comme dans l’intention de le sonder une dernière fois, ou de l’impressionner un peu plus.

« Nos invités ne vont pas arriver tout de suite, reprit-il. On vient juste de me prévenir qu’ils viennent de se mettre en route. Cela me laisse le temps de vous raconter la suite de l’histoire que vous avez lue dans les cahiers du vieil Antonio, ce qui devrait vous renseigner sur l’identité de ceux que nous attendons. »

Si le décor avait changé, l’abbaye remplaçant le fictif British Institute for Acoustic Studies and Research, ses colonnades improbables et ses salons cossus, Gabriel eut néanmoins la sensation étourdissante de revivre, à peu de choses près, la scène vécue au cours de ses rêveries comateuses. Le récit offert par Guarneri lui parut tout à fait similaire, hormis un nombre limité de détails, en plus ou en moins. Cet exposé, d’une précision souvent complaisante, s’avéra conforme aux informations glanées par le Nashville Duke pour confirmer la troublante véracité de ses cogitations.

Bien que ce fût pour lui de la redite, Gabriel s’efforça de se montrer aussi attentif que possible, et d’ouvrir des yeux ébahis aux moments les plus intenses de la narration de l’Italien. L’histoire de la faida de 1830 à nos jours se déroula devant lui, jusqu’à la promesse de l’arrivée prochaine à Southgate Abbey de celui qu’il appelait Sforza. Ce dernier, il venait de l’apprendre, se nommait en fait plus banalement Rossi, son lien de parenté avec Rezzonico s’étant relâché avec les siècles. Le fait qu’il partageait avec ce dernier le prénom de Vincenzo signalait en revanche que son attachement à la cause n’avait pas faibli.

« Mais comment savez-vous qu’il va intervenir cette nuit même ? s’étonna Gabriel.

— Parce que j’ai personnellement suscité sa venue. Il a suffi de simuler une fuite, de lui faire parvenir de façon indirecte l’information selon laquelle j’allais me rendre à l’abbaye dès ce soir. Un de mes associés surveille de près ce gaillard et ses sbires. Il m’a signalé leur départ, il y a de cela une heure maintenant. Ils ne devraient plus tarder.

— Et que se passera-t-il ensuite ?

— Nous règlerons une fois de plus nos comptes. Peut-être définitivement, qui sait ? »

Un frisson d’appréhension parcourut l’échine de Gabriel. Il se demanda s’il ne serait pas lui aussi obligé de verser sa quote-part d’une si mortelle addition. Que Guarneri lui ait déballé toute l’histoire ne présageait rien de bon. Il n’allait quand même pas laisser derrière lui un témoin aussi bien instruit. Mais, si c’était le cas, pourquoi s’être donné la peine de tout révéler ?

« Pour quelle raison m’avez-vous raconté tout ça ? l’interrogea Vernon Gabriel en baissant la voix. Je n’aurais représenté aucun danger pour vous si vous m’aviez tenu dans l’ignorance, non ? En général, dans les romans policiers, celui qui vide ainsi son sac n’a pas vraiment l’intention de laisser vieillir le destinataire de ses révélations.

— Oh, je ne risque rien à tout vous expliquer. Il ne restera pas la moindre trace de ce qui va se dérouler ici ce soir. De quoi témoigneriez-vous, s’il n’existe aucun indice palpable ? Ni corps, ni dégâts, rien. Qui plus est, de quoi iriez-vous vous plaindre ? Je vais venger mademoiselle Di Sante de la mort de son frère. Cela devrait plutôt vous réjouir, et vous encourager à tenir votre langue. Et puis, pour ne rien vous cacher, je pense avoir recours à votre aide, un jour ou l’autre, et j’estime que vous serez bien plus efficace en agissant en totale connaissance.

— Moi ? Vous aider ? s’étouffa Gabriel.

— Qui sait ce que l’avenir nous réserve ?

— En tout état de cause, on peut déjà programmer une belle exécution dans un futur très proche. Je présume que ces bois sont infestés de vos meilleurs porte-flingues, tapis dans les taillis, et qu’ils vont réserver un accueil pétaradant au signor Rossi.

— Ce serait là une façon d’agir tristement crapuleuse. Notre ami mérite mieux. Quel beau crime ne pas concevoir en une nuit si noire ?

— Une mise à mort aussi spectaculaire que celle dont ont bénéficié les sieurs Rabbleholme et De Ridder ? La police m’a informé à leur sujet. Vous avez en effet le sens du décorum.

— La Loge aime agir de manière plus discrète, il est vrai, et faire passer ses assassinats pour des morts naturelles. Chacun sa façon de procéder. Pour ma part, j’aime l’éclat dans le châtiment. C’est un moyen comme un autre de se bien faire comprendre.

— Avec un bon requiem pour ponctuer la chose ?

— Celui de Gabriel Fauré me paraît tout indiqué.

— Et quelle arme mirobolante allez-vous employer en l’occurrence ?

— Celle-ci ! »

Des ombres se détachaient des noirceurs du sous-bois

Rafaele Guarneri exhiba de sa poche une clé USB, provoquant chez Gabriel une mimique de surprise teintée de scepticisme.

« Ne prenez pas cet air, monsieur Gabriel. Quoi que vous en pensiez, cette clé ouvre de merveilleuses possibilités. Vous voudrez bien la connecter à ce magnifique équipement. Figurez-vous qu’elle contient le fichier audio de l’arpeggio oscuro. Je vois à votre mine que vous commencez à comprendre comment je compte en user. Une arme mirobolante, vous avez raison. »

Guarneri ponctuait ses phrases en agitant la clé ainsi qu’un chef d’orchestre marque la cadence de sa baguette. Poseur et magistral. Fort de son contrôle de la situation. Gabriel réalisa en l’écoutant que l’Italien venait tout bonnement de lui chiper son plan : la stratégie du chantage. Celui-ci avait en effet l’intention de faire entendre l’arpège à Rossi et ses comparses dès leur irruption dans le studio. Il couperait le circuit de retour son afin que Gabriel et lui, à l’abri dans la cabine, protégés par l’insonorisation, ne soient pas affectés. Exactement ce qu’avait prévu de faire le Nashville Duke. Rafaele Guarneri profiterait alors du moment de stupeur qui suivait immanquablement l’écoute de l’arpeggio pour neutraliser Vincenzo Rossi.

Ses associés, quant à eux, laissés libres de leurs mouvements, partiraient ensuite à leur guise, guidés par leur doppelgänger intérieur, sans se soucier le moins du monde du sort réservé à leur chef. Les complices de Guarneri, bel et bien postés dans les parages, les prendraient en filature, filmeraient leurs agissements, probablement criminels. Quand les hommes de la Loge seraient de retour au studio, au terme de leur errance, ils seraient confrontés à un chantage en bonne et due forme : leur silence et leur capitulation en échange d’une mise sous cloche de leurs forfaits nocturnes. Si d’aventure ils n’avaient rien commis de répréhensible, Guarneri se faisait fort de les persuader du contraire par un coup de bluff que Gabriel ne connaissait que trop pour l’avoir lui-même expérimenté dans ses rêves. Si celui-ci ne s’était pas senti aussi frustré, il aurait pu savourer l’ironie de la situation : Guarneri lui piquant son idée sans même s’en douter, et réservant à Rossi le sort qu’il était censé partager avec lui si le plan de Gabriel s’était déroulé comme prévu.

Comment celui-ci n’avait-il pas songé que si le clan Guarneri fournissait gracieusement lyre et carnets à ceux qu’il désignait comme appâts, il détenait par le fait même le secret de l’arpeggio et pouvait donc en user lui aussi ? Le Nashville Duke se demanda dans quelle mesure il n’avait pas lui-même inspiré son adversaire en choisissant un studio pour son guet-apens.

Tandis qu’il prenait la mesure de sa débâcle, son regard tomba sur l’écran de vidéosurveillance. Des ombres se détachaient des noirceurs du sous-bois, se dirigeant vers l’abbaye en tapinois. Vincenzo Rossi était arrivé.

« La clé, s’il vous plaît, insista Guarneri en la lui tendant. Il est temps. »

Ils étaient quatre à progresser avec mille précautions vers l’enceinte du monastère. Les nouveaux venus longèrent le bâtiment principal pour rejoindre le cloître, se glissèrent entre les colonnettes, gagnèrent la porte d’accès au corridor central qui menait au studio 1, celui de la chapelle et de la salle capitulaire. On pouvait facilement suivre leur progression à l’intérieur grâce au réseau des caméras. Le quatuor ne tarda pas à pénétrer dans l’oratoire envahi de ténèbres.

Guarneri avait éclairé au maximum la cabine de mixage. Il avait invité Gabriel à se placer bien en vue face à la console, tandis que lui-même se repliait dans un angle mort. Seul le Nashville Duke serait visible des intrus, aussi repérable qu’un cachalot dans un aquarium.

« Mettez ce casque sur vos oreilles, ajouta-t-il. Rassurez-vous : c’est une précaution destinée à vous dédouaner, le moment venu. »

Rossi et ses affidés identifièrent Gabriel au premier coup d’œil. Le voyant seul et apparemment à l’ouvrage, ils durent se figurer que Guarneri n’était pas encore arrivé. Ils se séparèrent donc et se planquèrent dans les diverses zones d’ombre que recelait la chapelle, les uns à l’abri du buffet d’orgues, les autres derrière l’ancien maître-autel transformé en pupitre de direction d’orchestre.

Rafaele Guarneri, dans son coin, semblait s’amuser comme un potache, alors que Gabriel, trop exposé à son goût, n’en menait pas large. D’où il était posté, près du dispatching électrique, l’Italien déclencha l’illumination complète de l’oratoire. Surpris par cette soudaine débauche d’éclairage, les agents de la Loge sortirent de leurs cachettes. Gabriel constata que la similitude de traits entre Rossi et Francesco Sforza était encore plus frappante qu’il ne l’avait supposée. Les trois forts des halles à poil ras qui l’accompagnaient ressemblaient pour leur part à des catcheurs en reconversion, leur excédent de muscles tenu à l’étroit dans des costumes noirs beaucoup trop sages pour eux.

Pendant que Gabriel les lorgnait du coin de l’œil, feignant par pure couardise d’être absorbé dans sa tâche, Guarneri se glissa à côté de lui le long de la console, de manière à apparaître à la vue de ses chers ennemis sidérés. Il leur adressa de la main une sorte de salut narquois, puis appuya sur un bouton du pupitre de commande. Les notes de l’arpeggio oscuro, égrappées sur la lyre jumelle, retentirent aussitôt sous la voûte gothique du grand studio, suivies de leur accord frère. Rossi et son groupe se figèrent dans la seconde, sombrant dans une hébétude que Gabriel avait éprouvée en son temps. Sans perdre un instant, Guarneri se rua dans la chapelle, muni de plusieurs paires de menottes. Il se précipita sur Rossi, qui se retrouva étroitement garrotté sans même avoir réagi, pieds et poings enchaînés, pendant que ses partenaires demeuraient aussi indifférents que des carpes face à une paire d’après-skis.

Ces derniers émergèrent peu à peu de leur torpeur, et sortirent de la chapelle en ordre dispersé, se soumettant avec docilité aux caprices hasardeux de leurs doppelgängers respectifs. Rossi, de son côté, commença à se débattre pour se dépêtrer de ses chaînes, sans le moindre résultat. Guarneri, radieux, désormais seul avec sa proie, adressa à Gabriel, une sorte de révérence pour marquer son triomphe.

Le Nashville Duke, derrière sa vitre, ignorait quel sort allait être réservé à l’héritier de Rezzonico. Ce qu’il connaissait toutefois de la cruauté imaginative de Guarneri laissait présager un méchoui à grand spectacle. Il était temps pour lui d’intervenir. Il s’assura que ce satané Rafaele avait bien refermé derrière lui la porte de la régie et que le circuit de retour était toujours coupé. Ces vérifications effectuées, il étira son meilleur sourire et agita la main, répondant à l’arrogante courbette de l’Italien par un geste qui s’apparentait fort à un signe d’adieu. Il lança ensuite la lecture d’un des enregistrements qu’il avait préparés. Les notes gracieuses de la lyre jumelle résonnèrent à nouveau. Mais l’écho qui se répercuta cette fois dans le vaisseau de la chapelle était celui de l’arpège inversé.

Dans l’épisode suivant

Si l’on devine l’effet produit par cette seconde utilisation de l’arpège, l’on peut se demander quelles intentions nourrit Vernon Gabriel en recourant à une riposte aussi radicale. Quel dénouement a-t-il conçu pour conclure à sa façon une si effarante affaire ? Vous le découvrirez dans l’ultime épisode de L’Arpeggio Oscuro : La gemme perdue.

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Ce qu’il convient de savoir…

Sous prétexte d’enregistrer l’album que Dark Theatre n’avait pu réaliser quinze ans plus tôt, Vernon Gabriel a investi le Southgate Abbey Studio. Il espère y attirer ceux qu’oppose la vendetta séculaire née de l’arpège, et les neutraliser selon un schéma inspiré de ce qu’il a expérimenté lors du sommeil révélateur produit par son singulier coma. Les choses semblent ne pas tourner comme prévu : l’un de ses adversaires est déjà dans la place.

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